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Il y a cinquante ans, Evangile et Liberté commentait mai 68

Après vous avoir offert, le 9 mai dernier, sous la plume de Bernard Calvino, la lecture de deux éditoriaux de l’année 1968 (ceux des 12 et 26 juin), nous vous proposons de nouveau aujourd’hui de revenir cinquante ans en arrière pour découvrir plus encore comment Évangile & Liberté a vécu et commenté les événements historiques du mois de mai 1968.

A l’époque, notre journal vit au rythme d’un bi-mensuel et, lorsque les événements s’accélèrent dans la deuxième partie du mois, il est pris de court par ses délais de publication. On ne trouve ainsi qu’un faible écho de la révolte dans le numéro daté du 29 mai 1968, au détour d’un encart rappelant les impératifs d’édition :

« Compte tenu des délais de parution de notre Journal, le numéro de la Pentecôte était déjà composé quand les événements ont pris l’ampleur que l’on sait. Il était donc impossible d’en tenir compte. Mais d’ici quelques jours vous recevrez un tirage à part d’Évangile et Liberté (d’une ou deux pages) où les jours dramatiques que nous vivons seront évoqués par la Rédaction. L’envoi de ce numéro spécial connaîtra un retard imprévisible. En ces heures difficiles, puisse chacun d’entre nous sauvegarder la lucidité de sa conscience et la chaleur de sa Foi. »

Ce numéro spécial, annoncé avec l’étonnante prévision d’un « retard imprévisible », s’inscrira finalement non pas dans la forme d’un tirage à part d’une ou deux feuilles mais dans les pages du numéro suivant, en date du 12 juin 1968, où la majorité des articles évoquent les récents événements. Sur les six pages du journal (page final d’annonces mise à part), cinq y sont consacrées. S’écartent seuls de ce commentaire d’actualité le court texte présentant le service Soleil et Santé de la Mission populaire évangélique, un hommage au pasteur Ebersolt (décédé le 26 décembre 1967) et un texte sur l’influence de la chrétienté sur la condition féminine par Laurent Gagnebin.

Cinquante ans jour pour jour après ce numéro du 12 juin 1968, nous voulons vous proposer de découvrir (ou redécouvrir pour nos plus anciens et fidèles lecteurs !) quatre textes, dont l’éditorial déjà publié sur notre site le mois dernier.

Il nous apparaît important de vous permettre de lire, en guise d’introduction, les communiqués officiels intégrés dans les pages de ce numéro quinquagénaire, à savoir le communiqué du 11 mai de la Fédération protestante, la déclaration commune de la Fédération protestante et de l’Église réformée du 25 et, datée du même jour, la lettre aux communautés et aux fidèles de cette dernière.

Une brève recontextualisation historique. Le 11 mai, Paris se réveille d’une longue et tumultueuse nuit d’insurrection dans le Quartier Latin qui, à l’issue d’une manifestation dans l’après-midi du 10, se trouve hérissé de barricades, prises d’assaut par les forces de police à partir du milieu de la nuit et finalement toutes démantelées à l’aube. Une nouvelle insurrection marquera la nuit du 24 mai, alors que la France est paralysée par la grève générale depuis le 13 et que le Général de Gaulle a adressé, ce même 24 mai, une allocution télévisée unanimement perçue comme parfaitement infructueuse où l’annonce d’un prochain référendum tombe à plat, le Général devant lui-même la reconnaître comme « à côté de la plaque ».

Ces communiqués des 11 et 25 mai sont donc avant tout des prises de position contre la violence et le déchirement de la société, appelant à l’apaisement et au dialogue et ne condamnant pas l’engagement des insurgés, que la déclaration commune du 25 notamment invite à ne pas détruire « l’espérance de leur révolte ».

* Communiqués officiels de mai 68.

Pour rappel, et en hommage à nos prédécesseurs, nous tenons à citer les noms de ceux qui formaient il y a cinquante ans la rédaction d’Évangile et Liberté.

Direction de la publication : pasteur R. Gilliéron.

Direction de la rédaction : pasteur Paul Richardot.

Comité de rédaction :

Président : pasteur Georges Marchal.

Laïcs : Bauer, Hubac, Walter.

Pasteurs : Benoît, Bosc, Brandt, Chateau, Lauriol, Mazel, Monastier, Vidal.

Nous faisons le choix de vous présenter ces anciens articles sans commentaires afin de laisser résonner en vous ces paroles vieilles d’un demi-siècle, qu’elles vous inspirent des souvenirs sur l’Histoire comme des réflexions sur notre propre actualité.

* Editorial (Paul Richardot)

* La justice produira la paix (P. Ducros)

* Le dialogue… selon l’Evangile (R. Château)

* Contestations et dialogues des étudiants (Christian Mazel)

À propos Maxime Michelet

est étudiant, diplômé d’un master d’Histoire contemporaine à la Sorbonne ; issu d’une famille de tradition athée, il a rejoint le protestantisme libéral à l’âge adulte à travers le temple de l’Oratoire du Louvre de Paris.

Un commentaire

  1. patrice.vezine@gmail.com'

    Bravo à mon ancien élève. Un ex CPE du Collège de Suippes

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