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Le Dieu des parias « Ainsi votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun de ces petits ne se perde. » (Mt 18,14)

 

Oui, Jésus est venu pour cela, il est venu pour chercher et trouver tous ceux que la religion excluait, ceux qu’elle relègue encore de nos jours aux marges de la société, ceux que leur profession, leur maladie, leur sexe, leur orientation sexuelle « intrinsèquement désordonnée », leur statut matrimonial, leur pauvreté, leur naissance ou leur « péché » maintiennent encore dans un statut de paria et de « sans-Dieu ». Le Dieu de Jésus apportait et apporte toujours la possibilité de bonheur pour chacun et pour tous, au-delà de la malédiction, de la culpabilité, au-delà des classifications et des jugements humains. Christ est venu particulièrement pour ceux qui n’ont pas droit à Dieu afin de les faire bénéficier de la vie que Dieu désire pour eux. Jésus n’a jamais eu peur, au risque de contracter lui-même leur impureté, de les approcher, de les toucher, de se laisser toucher, de manger et boire avec eux, voire de s’inviter chez eux. C’était le comportement de Jésus à leur égard qui les transformait en leur rendant leur dignité. Jésus effectuait dans un monde rigide, étouffant, violent, une formidable ouverture par laquelle pouvait entrer un souffle de vie puissant. Un univers nouveau apparaissait : l’univers du « Royaume de Dieu » dont tout homme était le centre et le but. Son Dieu n’avait peur de personne, y compris ceux que nous excluons toujours, ceux que nous déclarons impurs, pécheurs ou marginaux, Dieu veut leur faire partager sa vie, à ces petits.

Ce faisant, Jésus « changeait la religion » et l’ordre social qui lui était lié, et cela était scandaleux et inacceptable pour les gens conformes, pour la hiérarchie religieuse et les théologiens de ce temps (les scribes), garants de l’ordre politico-religieux. C’est pourquoi ils décidèrent d’éliminer et d’assassiner ce dangereux prophète qui osait toucher aux piliers sacrés d’une religion née de la culpabilité humaine et de la peur de la souillure. « Si les impurs et les pécheurs ont droit à Dieu comme les justes et les vertueux, ça ne va plus, on inverse de manière scandaleuse les valeurs et les principes les plus sacrés de la religion et de l’ordre social ! Le pécheur doit d’abord se reconnaître tel et se repentir et c’est seulement alors que Dieu peut lui accorder son pardon ! » Mais Jésus, lui, cherchait et trouvait ces parias, il allait même loger chez eux, sa présence les remettait debout, les transformait, les ressuscitait.

Dès lors, Jésus se trouva lui-même exclu, il prit la place de ceux-là mêmes auxquels il voulait gratuitement redonner Dieu pour qu’ils puissent vivre de sa vie et de la douce puissance de son amour. Jésus témoigna de son Dieu jusqu’à l’extrême de la mort. Jésus pendu au bois de la croix, c’était bien la preuve que selon la Loi, cet homme était lui-même pécheur et maudit de Dieu, que sa parole était discréditée, voire définitivement effacée, pensèrent les autorités et les gens pieux…

Mais Dieu lui a donné raison, il l’a relevé, glorifié, ressuscité ! Il a, de cette manière, confirmé que le Dieu que prêchait Jésus en parole et en action c’était ce que Lui, le Dieu d’Israël, voulait lui-même. Oui, Dieu s’est identifié à Jésus ! Il l’a adopté comme son fils bien-aimé. Désormais tous les murs de séparation sont détruits. Désormais plus rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur, même pas nous-mêmes si notre cœur vient à nous accuser (Rm 8,39 et 1 Jn 3,20). C’est ainsi que Jésus nous sauve et donne accès à Dieu à tous les humains quoi qu’ils soient ou qu’ils fassent. Son Royaume est aussi celui des parias et des pécheurs publics. Dieu n’est pas la récompense des « gens bien », conformes et vertueux, il donne son amour aux hommes « perdus » pour qu’ils vivent en plénitude.

 

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À propos Michel Leconte

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né en avril 1949. Diplômé de l’École de Psychologue Praticien en psychopathologie clinique, formé à la psychanalyse. Il a exercé son métier dans la Marine Nationale. D’origine catholique, il a re- joint l’ERF et son courant libéral en 1989.

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