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Le christianisme social

 

Plusieurs raisons devraient nous inviter à lire l’ouvrage de Klauspeter Blaser intitulé : Le christianisme social, une approche théologique et historique qui reparaîtra prochainement.

Le climat social contemporain présente de nombreuses ressemblances avec le XIXe siècle qui a vu naître le mouvement du christianisme social. Au-delà des analyses sociologiques, le propos ouvre des voies théologiques qui sont d’actualité et toujours à penser dans un monde qui continue à se séculariser. C’est ouvrage est d’une grande actualité.

L’ouvrage est mince mais offre un étonnant volume d’informations, de portraits des leaders, d’exposés de leurs actions, de leurs évolutions, une bibliographie de leurs articles et publications. L’analyse porte sur différentes « aires géographiques », Suisse, France, Allemagne, en contextualisant à chaque fois l’évolution du socialisme ou du communisme à un moment donné dans un lieu particulier dans un mouvement mondialisé.

Klauspeter Blaser n’écrit pas seulement en historien ou sociologue, il a été professeur à la Faculté de théologie protestante de l’Université de Lausanne. Missionnaire en Afrique du sud et au Lesotho, il comprend l’influence du contexte social sur la théologie réformée. La narration croise « l’avancement du règne de Dieu » et « l’amélioration ou la christianisation de la société ». C’est véritablement un livre de théologie qui pose des questions toujours très actuelles, avant toutes :

• Le règne de Dieu « déjà là–pas encore là » ? Ce questionnement est particulièrement éclairé dans le chapitre 6 intitulé « le débat Barth-Ragaz et ses enjeux théologiques ». D’autres questions parcourent l’ouvrage : • Quel rôle assigner à l’Église vis-à-vis du règne de Dieu ? • Quelle est la signification de l’engagement politique ? • Peut- on interpréter de manière indifférenciée tous les régimes politiques ? (Capitalisme socialisme fascisme) • La justification par la foi conduit elle au relativisme éthique ?

Le chapitre retiendra 7 sans doute particulièrement les lecteurs français : Élie Gounelle et Wilfred Monod. Avec l’aide de Paul Tillich l’auteur interroge encore les rapports entre socialisme et christianisme. Ce livre offre de nombreuses découvertes et compréhensions renouvelées. C’est un livre riche.

Je souligne aussi particulièrement sa clarté, la manière d’exposer avec des sous-titres et des conclusions partielles à chaque partie reprenant les points forts de l’exposé. Un tableau chrono-synoptique illustre la qualité d’exposition et aide à situer les lieux, les dates, les acteurs, les grèves et les organismes comme la CIMADE. Enfin le dernier chapitre intitulé : L’héritage socialiste chrétien dans la théologie du XXe siècle : successeurs ou succédanés ?

La dernière phrase de la conclusion affirme « En effet, du moment que c’est Dieu lui-même qui inaugure son Royaume dans l’histoire, nous avons à nous y associer de bon gré. » « Alors, au travail ! » pour le XXIe siècle, appelle Jean-François Zorn qui a signé la préface.

Klauspeter Blaser, Le Christianisme social. Une approche théologique et historique, Paris, Van Dieren, 2003 (réimpr. 2022), 144 pages.

 

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À propos Michèle Pourteau

a été enseignante en IUFM pour la formation des professeurs des écoles. À la retraite, elle poursuit des activités de formation, que ce soit au Bénin à Songhaï, centre de formation agricole pour l’élaboration des projets d’entreprise des agriculteurs, ou dans le cadre d’une université de théologie en ligne (domuni.org).

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