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Blasphème

  L’affaire semble entendue avant tout procès : il n’est pas bien de blasphémer. Comment, en effet, défendre un propos injurieux et insultant, surtout s’il vise le sacré, le divin ? Le blasphème est un crime de lèse-divinité.

  Il faut d’abord noter que ce sont les fidèles de la divinité que blesse le blasphème car une divinité qui ne supporterait pas l’injure serait une bien piètre divinité. Cela n’enlève rien à la condamnation car blesser des hommes est tout aussi grave, voire plus grave, que blesser un dieu (qu’on suppose capable de se défendre). Le respect d’autrui commande incontestablement de ne pas insulter ce qu’autrui respecte et vénère. Ceci est une règle élémentaire de savoir-vivre. On peut être étranger à toute dévotion mariale sans qu’il vous vienne à l’idée de détériorer un sanctuaire marial.

  Oui, certes… Mais on sait aussi les dangers de trop de mansuétude à l’égard de certaines croyances qui, elles, sont bien peu respectueuses de la dignité humaine. Quand ce sont les croyances et pratiques religieuses qui sont blasphématoires en prêtant à Dieu des commandements que l’amour et le respect d’autrui condamnent, alors blasphémer les blasphémateurs ne peut-il faire oeuvre positive ?

  Par sa dimension ironique, le blasphème peut être un levier efficace, il peut donner à penser là où le dogme et l’ignorance figent la pensée. Il y a quelque chose de libérateur dans le blasphème, une liberté de rire salutaire. Le blasphème passe souvent par le mot d’esprit ; ne doutons pas qu’il témoigne ainsi du souffle de l’Esprit.

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À propos Sylvie Queval

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a été enseignant-chercheur en philosophie à l’Université de Lille 3. Depuis sa retraite, elle anime le cercle Évangile et liberté de l’Aude.

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