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Mon libéralisme, réaliste et « jubilescent »

Il existe une dimension commune à toutes les démarches libérales : celle de l’ouverture d’esprit. Le libéralisme ne peut se concevoir comme une invention personnelle, comme coupée du monde. Mon libéralisme est donc d’abord un dialogue avec le monde, une incarnation : « la Parole a été faite chair » (Jean 1,14). Il y a une corrélation entre ma construction intellectuelle de théologien, ma foi et ma manière de vivre dans ce monde. Mon libéralisme est un dialogue permanent avec la réalité quotidienne de mon temps, autant qu’avec les autres pensées, d’hier et d’aujourd’hui. Je suis interprète de la Vérité, en aucun cas détenteur. Je chéris la diversité des convictions. Cette attitude fonde ma réflexion.

Cette posture a pour moi trouvé son incarnation dans la théologie du Process, que je cherche à traduire par « théologie de la jubilescence ». Il s’agit de valoriser les interactions qui entrent dans un flux permanent, un « process », qui nous fait exister. Si je traduis cela en matière de foi, je conçois moins Dieu comme une « personne » que comme une « énergie » qui inter-agit avec moi, avec l’être humain, avec le monde, pour lui donner une orientation.

Pour illustrer cette perspective, on peut relire Genèse 1. Ce récit mythologique nous dit la condition du monde. C’est aussi la question du Mal qui est en jeu : toute existence passe et repasse par des « chaos » et des (re)créations. Je lis le réel de chaque existence au travers de cette dynamique qui mène du chaos à l’harmonie. Je refuse l’idée d’un Dieu qui serait une sorte de vieux grand-père Tout-Puissant et marionnettiste de nos vies, voire qui nous enverrait des « épreuves ». Le sadisme ne sied pas au Dieu dans lequel je crois.

Je crois à cette puissance de la Parole portée et apportée par Jésus, à cette dynamique de recréation permanente de « jubilescence ». Mon libéralisme n’est ni triste, ni angoissé de l’avenir. Il pétrit la pâte du réel de nos vies, même lorsque le tragique survient. Il se bat contre toute forme de mal subi. Il sort des discours négatifs ou râleurs, pour penser demain.

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À propos Jean-Marie de Bourqueney

est pasteur de l’Église protestante unie. Il est actuellement à Paris-Batignolles. Il est notamment intéressé par le dialogue interreligieux et par la théologie du Process.

Un commentaire

  1. pierre.feriaud@sfr.fr'

    Je ne connais pas bien la théologie du process, mais je pense qu’elle mobilise la responsabilité de l’homme dans tous les comportements de sa vie. Par ailleurs elle doit créer une relation avec Dieu, non pas de soumission mais de participation à la poursuite de la création (nous serions toujours dans le 7eme jour?)
    Si c’est le cas, effectivement cette théologie va à l’inverse de la théologie classique qui interprète les dix commandements comme “des commandements” alors qu’on peut les interpréter comme des propositions de participation à un projet commun que les hommes ont avec Dieu, celle d’une humanité harmonieuse et respectueuse du vivant.
    Merci de m’éclairer

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