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La charité nous presse à sortir de nos chapelles

 

Notre pasteure de l’Église protestante unie de la Vallée de Chevreuse, a vu arriver au temple, à plusieurs reprises, des femmes africaines. Celles-ci lui ont expliqué qu’elles étaient hébergées au Secours islamique (SI) de France à Massy, un centre d’hébergement d’urgence auquel elles sont envoyées par le 115. Elles peuvent y rester une semaine, ensuite elles doivent rappeler le 115. Soit elles peuvent rester au SI, soit elles sont envoyées dans des centres plus éloignés et beaucoup moins confortables ; il arrive même parfois qu’elles ne trouvent pas d’hébergement et passent la nuit dans des gares, des salles d’hôpitaux, ou dans une voiture. Certaines sont enceintes, d’autres, plus âgées, ont des problèmes de santé.

Le SI est fermé dans la journée, les samedis, dimanches et jours fériés. En semaine, il sert des déjeuners à des personnes nécessiteuses, mais les femmes hébergées ne peuvent pas rester dans leurs chambres. Se pose alors la question de savoir où aller pour se reposer, lorsqu’elles n’ont pas à effectuer de démarches administratives ou pour leur santé.

Notre pasteure a alors contacté ses collègues de l’Église baptiste et de l’Église protestante unie de Massy, afin d’organiser, avec la responsable de l’entraide de notre paroisse, un accueil de ces femmes, plusieurs demi-journées par semaine, dans nos locaux à Palaiseau.

Une cinquantaine de bénévoles ont répondu à l’appel pour accueillir le mercredi après-midi et toute la journée du samedi, les femmes qui le souhaitent. L’accueil est inconditionnel. Il a commencé le 8 mars 2017.

Trois bénévoles par demi-journée doivent être présents. Nous allons chercher les femmes en voiture au SI et les y ramenons, la distance de 2 km étant trop longue pour ces personnes enceintes ou fatiguées.

Elles sont de 3 à 7 le mercredi, de 10 à 15 le samedi. La plupart sont des Africaines francophones, originaires du Congo Brazzaville, du Congo Kinshasa, de Côte d’Ivoire, de Guinée, du Mali, du Sénégal. Nous avons aussi accueilli une Angolaise, une Népalaise, quelques femmes d’Afrique du Nord. Les unes sont chrétiennes, d’autres musulmanes. Les unes viennent une fois, d’autres très souvent pendant plusieurs mois et tissent alors des liens d’amitié avec les bénévoles. Pendant nos permanences, certaines s’allongent sur des canapés et dorment.

Nous leur proposons des jeux de société, un atelier d’informatique pour les initier et rédiger leur CV, parfois un atelier de manucure ou de coiffure. Bien sûr nous parlons avec elles, sans leur poser des questions trop précises sur leur situation administrative. Parfois elles nous racontent leur histoire : certaines ont été abandonnées par leur compagnon, d’autres ont été appelées en France par leurs enfants qui les ont plus tard renvoyées, d’autres encore sont ici depuis plusieurs années mais ont perdu leur emploi.

Nous ne sommes pas compétents pour les aider dans leurs démarches, mais nous pouvons les aiguiller vers des assistantes sociales ou des services de santé.

Le mercredi nous leur offrons un goûter, le samedi un déjeuner. Nous distribuons des vêtements, pour les femmes et pour les bébés attendus, et des produits d’hygiène.

Notre activité est financée par des dons de personnes ou d’associations touchées par notre projet, ainsi que par des collectes de denrées alimentaires et de produits d’hygiène.

Grâce à l’engagement important de certains bénévoles, nous avons réussi à assurer l’accueil pendant l’été 2017, et certains jours fériés avec un déjeuner : Noël, 1er janvier, 8 mai, jeudi de l’Ascension, lundi de Pentecôte. Ce service organisé avec les responsables du SI, des membres de six communautés, – trois paroisses baptistes, deux paroisses de l’Église protestante unie, une paroisse catholique – et quelques personnes amenées par des amis, nous a permis de nous découvrir, de nous apprécier, et de mieux comprendre les problèmes de ces femmes en grande difficulté.

Grâce à l’engagement de nos partenaires, grâce à la prière, nous souhaitons poursuivre ce service œcuménique et même interreligieux !

 

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À propos Jeannie Persoz

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a été ingénieure chimiste pendant 23 ans avant de se consacrer à des activités bénévoles, dans sa paroisse (organiste amateur), et dans des associations telles que Fréquence protestante dont elle a été présidente pendant 5 ans, SOS Amitié et les Visiteurs de prison.

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