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Vente paroissiale

Louis Pernot 3On parlait autrefois de « vente de charité » et ce n’était pas le monopole des Églises. On se souvient du célèbre « Bazar de la charité » avec son terrible incendie de 1897 où périrent nombre de personnalités. L’idée était de récolter des fonds pour les pauvres ; les paroisses ont alors pour la plupart organisé leur propre vente. Avec le temps, le monde laïque a abandonné cette pratique un peu désuète et seules les plus grandes paroisses ont continué cette tradition, et, abandonnant le mot « charité », elles ont appelé cet événement « vente paroissiale », « journées d’entraide » ou « d’amitié ». En dehors des Églises, les écoles privées ont réinvesti le concept sous le nom de « kermesse ».

Ces ventes dans les églises ont souvent suscité des résistances de la part de ceux qui trouvaient qu’on se transformait en « marchands du temple ». D’autres plus pragmatiques soutenaient le principe protestant que le temple n’étant pas un lieu plus sacré qu’un autre, il n’y avait pas de problème à y installer des stands commerçants, et que la colère de Jésus était contre une certaine conception commerciale d’une religion rituelle plutôt qu’une préoccupation à l’égard des lieux de culte.

Reste qu’il y a en général dans les « ventes » des tombolas. Or dans la plus pure tradition calviniste, les jeux de hasard sont considérés comme immoraux. Il semble là encore que le pragmatisme ait eu gain de cause faisant dire aux railleurs que, dans les paroisses calvinistes, les jeux de hasard étaient interdits, sauf une fois par an où ils prenaient alors le nom de « tombolas ». Aujourd’hui les ventes paroissiales ont souvent repris de la vigueur, non seulement pour l’argent qu’elles permettent de récolter mais plus encore parce qu’elles deviennent un lieu formidable d’engagement et de convivialité où la communauté de l’Église se réalise avec toute sa force et s’ouvre aux autres. Pourquoi pas ?

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À propos Louis Pernot

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est pasteur de l’Église Protestante Unie de France à Paris (Étoile), et chargé de cours à l’Institut Protestant de Théologie de Paris.

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