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Les chrétiens et la politique

  Dans quelques semaines, les Français vont élire un nouveau président de la République. Cet acte, éminemment politique, concerne tous les citoyens français ; les chrétiens ont-ils un rôle spécifique à jouer ?

  La question politique, en lien avec la théologie ou la foi, n’est pas une question comme une autre. Elle déclenche rapidement les passions, beaucoup plus que la question de la résurrection… Pourquoi ?

  La politique a des conséquences directes sur notre vie et sur celle de nos concitoyens. Dans quelle société voulons-nous vivre ? Est-ce que la notion de solidarité, de « partage » motive les décisions politiques ? Les plus pauvres, les plus faibles, sont-ils au centre des préoccupations ?

  La théologie de l’incarnation selon laquelle Jésus incarne Dieu par sa vie, ne nous invite-t-elle pas à un combat résolu contre tout ce qui risque de défigurer l’humanité ?

  Jésus n’a jamais pris de position politique vraiment explicite, sauf peut-être dans l’épisode de « l’impôt dû à César » (Mt 22,16-22). Mais la façon dont il invite ouvertement à sa table des prostituées et des collecteurs d’impôts, la façon dont il traite les femmes, en opposition avec les normes de son époque, la façon dont il agit contre l’exclusion, sont des prises de position politiques fortes. Et la loi juive « Vous traiterez l’immigré qui séjourne avec vous comme un autochtone, comme l’un de vous ; tu l’aimeras comme toi-même », (Lv 19,33) est éminemment politique ; pas question de « quotas » ou de « reconduite à la frontière »…

  Un chrétien ne peut pas accepter n’importe quelle politique. Dietrich Bonhoeffer, pasteur et théologien qui pensait que l’Église doit aussi s’occuper du monde, a voulu arrêter par un attentat la folie destructrice du Führer ; Martin Luther King, par des méthodes non-violentes, a lutté contre la ségrégation aux États-Unis et contre la pauvreté. Deux exemples de protestants qui ont utilisé la désobéissance contre le pouvoir pour promouvoir la paix et la dignité humaine.

  Les chrétiens ne devraient pas avoir peur de la discussion et de l’engagement politique. Il est vrai que la politique est pour beaucoup le chemin le plus court pour accéder aux richesses et au pouvoir, et que les dirigeants de ce monde ne sont pas tous exemplaires. Beaucoup de chrétiens préfèrent alors la politique de l’autruche. Pourtant « celui qui ne fait rien ne commet jamais d’erreurs, mais c’est toute sa vie qui est une erreur », écrit François Varillon (Joie de croire, joie de vivre, 1981) qui dénonce « le faux apolitisme des chrétiens aux mains pures ».

  « C’est vous qui êtes le sel de la terre. » « C’est vous qui êtes la lumière du monde. » (Mt 5,13-14)

  André Gounelle, bien connu de nos lecteurs, nous propose une réflexion sur les relations entre l’Église et la politique, qui est une reprise, avec de légères modifications, d’un article publié dans Théolib, n° 54, en juin 2011.

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À propos Marie-Noële Duchêne

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est enseignant-chercheur retraitée en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, elle s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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