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« Impensable résurrection »

Notre collaborateur Henri Persoz vient de publier un livre sur le sujet si sensible de la résurrection.

  Les conceptions les plus diverses d’une vie dans l’au-delà courent parmi nos contemporains et à l’intérieur même des Églises. Rares sont, il est vrai, les prédications des prêtres ou des pasteurs qui se hasardent sur un tel sujet, alors que l’incertitude de leurs paroissiens se fait grandissante.

  Quant à la résurrection de Jésus-Christ, qui n’est jamais non plus mise en question, elle soulève également des interrogations, qui se font culpabilisantes pour les plus fidèles.

  Ce livre n’entend pas proposer une réponse doctrinale unique qui ne manquerait pas d’être immédiatement contestée par tous ceux qui penseraient autrement.

  En remarquable connaisseur de la Bible et en pédagogue confirmé, Henri Persoz n’entend contredire personne et n’asséner aucune affirmation péremptoire, tout en faisant bien remarquer que nous ne pouvons plus penser à une vie après la mort comme la théologie traditionnelle l’a enseigné.

  Il prend les textes des Écritures par ordre chronologique et présente l’idée qu’à leur époque les auteurs se faisaient de la vie au-delà et – pour le Nouveau Testament – de la résurrection du Christ.

  Henri Persoz s’efforce d’éviter d’interpréter dans le sens d’une espérance de la résurrection des formulations imagées utilisées couramment dans les temps anciens pour dire tout autre chose.

  Voici deux exemples pris dans le livre, ainsi que les émouvantes dernières lignes de cet important ouvrage.

  L’idée d’une vie après la mort est complètement absente des textes anciens. Nulle part il n’est dit qu’Abraham ait survécu à sa mort (sauf dans le Nouveau Testament) ; ni d’ailleurs aucun autre patriarche ou roi. La mort de Moïse est impressionnante de simplicité. « Personne ne sut où est sa tombe » dit le Deutéronome (34,6). En comparant cette courte phrase à la grandeur démesurée des tombes des pharaons, nous voyons bien le grand écart qui sépare ces deux civilisations voisines. L’Égypte est hantée par la mort, Israël est hanté par la vie. Les prophètes ne parlent que de la vie sur terre et dénoncent sans cesse les excès des riches et des puissants.

  L’apôtre Paul distingue ainsi le vieil homme empêtré dans le péché, qui est mort, et l’homme nouveau, assimilé au Christ ressuscité, qui entre dans une autre vie : « Si nous avons été totalement assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection, pour mener une vie nouvelle, une vie pour Dieu. » Il est donc simplement question […] d’être à la ressemblance de sa résurrection, comme nous avons été à la ressemblance de sa mort. La résurrection du Christ n’est pas discutée, elle signifie que le Christ vit encore dans le coeur de l’apôtre et des chrétiens. Par contre, pour les autres, il s’agit d’une ressemblance, d’une résurrection virtuelle, d’une « marche en nouveauté de vie ». Cette marche est rendue possible par un exercice de mort spirituelle qui a tué le vieil homme, comme le résume bien l’apôtre : « Vous êtes comme des vivants revenus d’entre les morts. Mettez-vous donc au service de Dieu, avec vos membres comme armes de la justice. » Le mot résurrection employé par Paul (anastasis) ici prend un sens compréhensible. C’est le fait de se relever, de repartir : cette mort avec le Christ permet de se relever, de prendre un nouveau départ.

  La parabole (du bon Samaritain) racontée par Jésus nous montre qu’il n’y a pas de vie possible sans cet amour qui rapproche un prochain d’un autre prochain, et qui sauve l’un et l’autre. La vie est faite pour se secourir les uns les autres, par delà les nationalités, par delà les différences qui depuis des générations nous séparent. Un jour, nous sommes le blessé sur la route. Un jour, nous sommes le Samaritain. Il faut accepter de secourir et accepter d’être secouru. Ce n’est que dans cette solidarité que la vie peut rencontrer l’éternité.

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G. C. Henri Persoz, Impensable résurrection, éd. Passiflores, mars 2012, en vente dans toutes les librairies protestantes ou religieuses, ou vente en ligne à : www.arretauxpages.com; 7 €.

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À propos Gilles

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a été pasteur à Amsterdam et en Région parisienne. Il s’est toujours intéressé à la présence de l’Évangile aux marges de l’Église. Il anime depuis 17 ans le site Internet Protestants dans la ville.

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