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Quelle place pour le religieux dans l’espace public ?

 

301-09-3L’ouvrage est le résultat d’une journée d’étude à la faculté autonome de théologie protestante de l’université de Genève, regroupant des spécialistes internationaux pour traiter la question de manière pluridisciplinaire : sciences sociales et politiques, sciences des religions, droit, éthique, théologie.

Si la régulation du religieux dans nos sociétés libérales (au sens démocratiques, respectueuses de la liberté de conscience et de religion de l’individu) devient un enjeu contemporain, c’est parce que la sécularisation de nos sociétés n’a pas fait disparaître le fait religieux de l’espace public en le reléguant strictement dans la sphère privée. Nous assistons à un essor du pluralisme religieux qui déborde la régulation traditionnelle par l’État, du fait que des acteurs religieux offrent des « prestations sociales » et que les individus choisissent de nouvelles formes du religieux « en mettant l’accent sur la visibilité et la publicisation du soi ». « L’économie joue également un rôle de régulateur en influençant l’expression même du religieux. »

Les exemples concrets sont nombreux : la situation des institutions pénitentiaires ; l’enseignement religieux ; le voile, la consommation halal, etc.

La postface de François Dermange est remarquable et dépasse largement son titre (La régulation du religieux : une question d’éthique politique) en problématisant la conciliation entre le « pôle républicain », le « pôle des droits » et le « pôle du bien commun ». Si la limite de la liberté n’est pas celle de l’autre mais ce qui cause du tort à autrui, « peut-on dire qu’aucune forme partagée de vie bonne n’existe et ne doit exister au sein d’une société libérale ? ». Il en appelle, selon l’éloge du compromis de Ricœur, à « penser juste, [ce qui] consistera alors à trouver dans chaque situation précise des modalités pratiques de vivre ensemble, pesant le pour et le contre, les avantages et les inconvénients, sans vouloir en faire de règle de droit absolue ni universelle ».

A. Barras, F. Dermange, S. Nicolet (éd.), Réguler le religieux dans les sociétés libérales, Genève, Labor et Fides, 2016, 202 pages.

 

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À propos Olivier Guivarch

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est secrétaire national d’une fédération syndicale de salariés, après avoir étudié la théologie protestante et exercé le métier de libraire. Il participe au comité de rédaction depuis 2004.

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