Accueil / Journal / Le Saint-Esprit

Le Saint-Esprit

L’Esprit saint est une des formes, difficile à bien définir, sous lesquelles Dieu se manifeste aux hommes : souffle, feu, mouvement… tout à la fois.

Esprit saint consolateur,

Esprit de vérité,

Toi qui es partout présent

et qui emplis tout l’univers

Trésor de tous les biens

et donateur de vie

Viens et demeure en nous,

purifie-nous de toute souillure

et sauve nos âmes

Toi qui es bonté.

Prière de la liturgie orthodoxe

Le souffle

   L’Esprit est le souff le créateur dont tous les êtres dépendent (Ps 104,29-30) ; ce souff le n’a pas fini d’agir sur et dans la matière (« La Matière renferme une certaine quantité de puissance spirituelle… actuellement encore diffuse un peu partout… Grâce à la multitude des individus et des vocations, l’Esprit s’insinue et travaille dans tous les domaines. » (Pierre Teilhard de Chardin, Le Milieu divin.) ; il met l’homme debout et en fait quelqu’un qui sait d’où il vient et où il va, qui discerne sa tâche sur la terre. Souffle qui traverse l’Écriture, de l’écrivain sacré à son lecteur, il anime l’orateur public et murmure à l’oreille du persécuté les mots ou les silences qui le sauveront du désespoir et de la trahison. Énergie dans celui qui prie, forte présence qui lui redit qu’il n’est pas seul, le souffle de l’Esprit, je le reçois comme le flux de la vie en moi ; je ne craindrai pas, un jour, de le rendre à Celui qui me l’a donné ; intégrant et dépassant les ressources de notre condition naturelle, il est courage dans les combats, patience dans les souffrances, consolation dans les tristesses.

Un feu

   Rien ne se fait sans passion, sans émotion, sans affection. L’Esprit saint est le feu jeté sur la terre par « L’esprit est un mouvement embrasé » Nicolas Berdiaeff le Christ (Lc 12,49), il est ce coeur qui brûle au-dedans des pèlerins d’Emmaüs (Lc 24,32), le remède contre l’indifférence et l’hostilité ; mieux que la simple chaleur humaine et fraternelle, il me rend l’autre unique et précieux, il m’ouvre à ce que je puis attendre et à ce que je dois donner, il met entre nous, les vivants et les morts, ce « lien qui ne meurt jamais » (Lytta Basset, Paris, Albin Michel, 2007, livre écrit après la mort de son fils).

   Par lui la braise du remords devient la flamme du pardon, sans lui nous ne nous absolvons pas les uns les autres. Il est l’Autre et l’intime (Bernard Morel, Essai d’une méthodologie de l’esprit, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1976) ; la dimension universelle et la dimension personnelle sont réconciliées en lui. Les soupirs de la prière éperdue et fervente, c’est encore lui (Rm 8,26).

Le mouvement

   Il met en marche des hommes auxquels il communique la vérité sur eux et pour le monde, il personnalise et actualise les enseignements des prophètes et l’Évangile de Jésus-Christ. Il les rassemble et c’est l’Église, il les envoie et c’est la Mission, il renouvelle leur langage et c’est l’Évangélisation, il veut l’unité de la famille humaine et c’est l’oecuménisme, il rend sensible au Mal partout présent, et c’est l’enracinement dans toutes les solidarités, l’engagement au service de toutes les libérations. Contre les mensonges et les compromissions qui détruisent la société, il mobilise pour des changements indispensables, non seulement à la survie, mais à la vie de l’espèce, dans une dynamique de liberté : car « le vent souffle où il veut » (Jn 3,8). Il résiste à toutes les stagnations funestes, il inspire toutes les initiatives constructrices, il est, à l’image de Jésus, « nouvelle naissance » pour la personne et pour la société.

   À qui l’invoque, l’Esprit donne la parole à dire, le geste à faire, l’attitude à adopter, l’action à entreprendre.

Don

Pour faire un don, suivez ce lien

À propos Jean-Jacques Maison

Jean-Jacques.Maison@evangile-et-liberte.net'

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.