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J’ai rendu à Dieu sa liberté…

   On a tous lu un roman ou vu un film racontant l’histoire émouvante d’un animal sauvage (un faon, par exemple) recueilli à sa naissance par des hommes (un enfant, une famille) ; mais l’animal grandit, et vient le moment où il ne peut plus rester dans la maison ou dans le jardin, il faut se décider à le relâcher dans la nature ; après bien des hésitations et des larmes versées, l’enfant, à l’orée de la forêt, dit adieu au beau cerf qui rejoint à pas lents son milieu d’origine.

   Cette histoire est une métaphore pour une expérience spirituelle certainement partagée par nombre de croyants.

   Un moment donné de notre vie, nous accueillons Dieu, un peu comme l’enfant recueille le petit faon, pour reprendre l’exemple ci-dessus. Que devient ensuite cette relation ? Pour certains, la relation à Dieu restera statique, au risque de se figer dans un conservatisme ou fondamentalisme mortifères.

   Mais d’autres laisseront le « faon » grandir, ils approfondiront leur connaissance de Dieu… Et puis un jour, quelques-uns parmi eux se rendront compte qu’ils sont en train de brider Dieu, de le limiter dans leur « jardin » doctrinal, de l’enfermer dans des clôtures dogmatiques ou confessionnelles – on élève des barrières pour empêcher le jeune cerf de s’enfuir…

   Un jour, comme l’enfant de la métaphore, j’ai décidé de rendre à Dieu sa liberté. Il devenait trop grand pour rester dans mes limites, j’avais fait de lui un prisonnier, un animal en cage, triste et moribond. Pour sa « survie », et pour ma survie spirituelle, j’ai dû prendre la difficile décision de laisser partir Dieu. Je suis allé à la lisière de la forêt, j’ai pris mon courage à deux mains, et je l’ai lâché dans la nature…

   Il n’est pas absent de ma vie pour autant. De temps à autre, je vais me promener dans la forêt ; j’aperçois ici où là des traces : sont-ce les siennes ? À d’autres moments, je sens sa présence derrière un arbre ou un bosquet, j’imagine qu’il m’observe de loin, mais je ne m’approche pas, je le laisse être ce qu’il est – il me laisse être ce que je suis, et cela me réjouit.

   Parfois, dans les moments de solitude, je pense à lui, je me sens alors moins seul, moins perdu. Il m’arrive de regretter de l’avoir laissé partir, c’était quand même plus facile de le voir là, dans le jardin (dans le Livre), mais, au fond, je sais que j’ai bien fait : ma liberté dépend de la sienne, ma joie dépend de la sienne. Oui, j’ai rendu à Dieu sa liberté, et, en fin de compte, j’en suis heureux – pour Lui et pour moi…

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À propos René Lamey

Rene.Lamey@evangile-et-liberte.net'

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