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La cruauté envers les animaux n’est pas tolérable

Andrew Linzey, prêtre de l’Église d’Angleterre, et directeur de l’Oxford Centre for Animal Ethics nous rappelle, dans un texte publié le 30 septembre 2011 dans le Church Times, que les animaux sont, comme nous, des créatures de Dieu, dont l’homme doit prendre soin.

On a l’impression que la sensibilité de nos contemporains à la souffrance des animaux s’accroît. Depuis 40 ans un grand pas a été franchi. La chasse est réglementée, la chasse à courre est interdite, l’élevage d’animaux à fourrure aussi. L’élevage en batterie tend à disparaître ; l’expérimentation sur les grands singes est restreinte. L’Animal Welfare Act (loi sur le bien-être animal) de 2006 a introduit pour la première fois un « devoir de protection » pour les animaux domestiques.

Ces changements sont sous-tendus par un accroissement des travaux philosophiques sur le statut des animaux, des recherches appuyées par des travaux scientifiques qui ont démontré que tous les mammifères éprouvent non seulement la souffrance physique mais aussi mentale, comme la peur, l’appréhension, le traumatisme, l’angoisse et la terreur ; des sentiments que l’on croyait jusqu’ici caractéristiques des êtres humains.

Mais la maltraitance des animaux est comme l’hydre à multiples têtes : lorsqu’une tête est coupée, une autre surgit. Il y a eu progressivement une réduction de l’expérimentation animale au début des années 1990, mais celle-ci a désormais retrouvé son niveau des années 1980. On a démantelé les pires fermes d’élevage-usines mais on assiste à l’émergence de « méga-fermes laitières » : des milliers de vaches y sont gardées dans l’obscurité et sans pâturage naturel. La cruauté envers les animaux ne montre aucun signe de diminution. Le nombre de plaintes dont la RSPCA (équivalent britannique de la Société protectrice des animaux) a été saisie a augmenté de 137 245 en 2007 à 159 686 en 2010. Est-ce parce que l’on est aujourd’hui plus sensible à la souffrance des animaux ou parce qu’on les maltraite davantage ?

Comment se fait-il que notre société ne prenne pas conscience que la cruauté envers les animaux ne peut pas plus être tolérée que la cruauté envers les enfants ?

La réponse est en partie la simple inertie politique. Les Églises aussi sont absentes de ce débat. À part quelques exceptions, les archevêques et évêques anglais n’ont fait aucune déclaration sur la question depuis au moins dix ans. Pourtant loquaces pour déplorer les politiques sociales régressives, ils ne semblent pas capables de s’intéresser aux animaux. Ils s’expriment facilement sur les questions environnementales mais se taisent dès qu’il s’agit des devoirs envers les autres créatures. Ce qui est vrai de l’enseignement de l’Église l’est encore davantage de sa liturgie. On ne trouve par exemple aucune prière en faveur des autres créatures de Dieu dans le « Common Worship » (liturgie de l’Église anglicane).

Ceci ne représente pas seulement un échec en matière d’éthique mais aussi – et bien plus qu’on ne pense généralement – un échec fondamental en théologie. La théologie chrétienne a besoin des animaux pour se sauver elle-même et nous sauver nous-mêmes de l’idolâtrie. L’ « idolâtrie » de l’espèce humaine consiste à la déifier en la présentant comme la seule préoccupation du Dieu créateur. Afin de s’en prémunir, la théologie doit prouver qu’elle est capable de fournir ce qu’elle promet : une conception du monde centrée sur Dieu et non pas sur l’homme. Si elle se focalise sur l’homme à l’exclusion de toutes les autres vies, elle révèle un dérapage dans sa doctrine du Dieu créateur.

Les chrétiens n’ont pas vraiment réussi à dépasser l’idée que le monde entier était fait pour nous et que les animaux n’étaient que des objets, des machines, des instruments plutôt que des partenaires. Nous n’avons pas compris que le Dieu de Jésus est aussi le « logos » par lequel – et pour lequel – toute créature existe.

Penser que les animaux n’ont d’importance que par ce qu’ils font pour nous, ou comment ils comblent nos besoins est profondément non-théologique. La vérité est que nous sommes spirituellement aveugles aux autres créatures, aussi aveugles que les hommes l’ont été à l’égard des femmes, les blancs à l’égard des noirs et les hétérosexuels à l’égard des homosexuels.

Le prêtre anglican Arthur Broome qui a fondé la RSPCA en 1824 l’a définie comme une association chrétienne fondée sur des principes chrétiens. Il avait bien vu que la charité chrétienne, si elle devait être réelle, devait s’étendre au delà des êtres humains. Nous sommes un certain nombre à l’espérer toujours.             A. L. (Trad.: G. Castelnau)

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À propos Andrew Linzey

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Prêtre anglican

Un commentaire

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    (…) et les hétérosexuels à l’égard des homosexuels ???
    La bible ne tolère pas l’homosexualité ! c’est une abomination ! Lévitique 20:13
    Je ne vois pas où il y aurait de la tolérance, puisque Dieu n’en a aucune pour ça !

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