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Davy Crockett (1786-1836)

Le trappeur si connu, héros de la célèbre bataille d’Alamo où il mourut, et qui a fait rêver tant de jeunes, est issu d’une famille huguenote bien française.

  Les Croquetagne ont une origine normande attestée dès le XIe siècle. Antoine de Croquetagne, un des plus illustres membres de la famille, est lui-même issu du sudouest (Montauban). Il est connu pour son physique avantageux, obtient les faveurs de Louis XIV et devient officier de l’armée royale. Mais Antoine de Croquetagne est huguenot… Il quitte pour cette raison la France pour l’Irlande. C’est sans doute là-bas que le nom de Croquetagne est anglicisé en Crockett, comme ce fut le cas pour de nombreux émigrés français exilés dans les pays anglophones ; c’est par exemple le cas des « Boulanger » devenus « Baker ».

  Le petit-fils d’Antoine part pour les Amériques. C’est l’époque de la guerre pour l’indépendance et des guerres indiennes entre les Creeks et les Cherokee. La famille se déplace à plusieurs reprises avant de se fixer dans le comté de Greene (Tennessee). C’est là sans doute que naît Davy Crockett, le 16 août 1786. Quand il arrive à Alamo avec une poignée de compagnons, Davy Crockett, devenu une véritable force de la nature, a 49 ans. Il travaille depuis très jeune et devient vite chasseur- trappeur. Il retourne à l’école, car il sent la nécessité de savoir lire et écrire – une aventure qui durera 6 mois. Il participe à la guerre contre les Creeks où il devient colonel de la milice. Toujours grand chasseur devant l’Éternel – il dit avoir tué 105 ours en une année – il n’en est pas moins un homme politique élu trois fois au Congrès. Il amuse par ses moeurs et sa tenue « d’homme des bois », mais surtout sa naïveté politique est vite remarquée. Lui même se présente comme un homme libre de voter en s’inspirant du bon sens plutôt qu’en suivant une loi apprise. À propos des indiens qu’il juge injustement spoliés, Davy Crockett tourne le dos aux politiques et part pour le Texas en province mexicaine. Celle-ci est peuplée de nombreux Nord Américains qui voulaient acquérir leur indépendance. Il ne cherche pas à s’imposer à ses hôtes mais sa réputation de « lion de l’ouest » l’accompagne.

  La légende est déjà en place. Davy Crockett ne signait jamais de son prénom américain mais signait David, de son prénom français ! Contrairement à la légende il ne porte pas (ou presque jamais) son bonnet en castor. Comme le souligne une texane, il était assez distingué, ce que confirme un tableau de 1834. Haut en couleur, ce descendant de huguenots, agnostique et franc-maçon, épris de justice et d’idéal, meurt le 6 mars 1836 à Alamo lors de l’assaut final. La légende a fait de lui un véritable héros, à tel point que certains pensaient qu’il n’était pas mort à Alamo. De cette défaite militaire, victoire à la Pyrrhus pour les Mexicains qui ont perdu 600 soldats et des jours précieux, les Texans ont fait une victoire morale qui a préparé la victoire finale à San Jacinto, quelques semaines plus tard et permis l’indépendance du Texas.

  Alamo, c’est un peu comme Roncevaux pour les Français. Nous ne saurons jamais si David de Croquetagne a rencontré des Français, alors nombreux établis au Texas, et dont beaucoup sont huguenots. Il reste cependant un pont entre notre histoire et celle des États-Unis. Il n’est pas le seul dans ce cas – un certain Franklin Delano Roosevelt vient d’un petit village du nord de la France…

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À propos Vincens Hubac

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est pasteur de l’Église protestante unie de France au Foyer de l’âme, à Paris. Il est engagé dans la diaconie et intéressé par le transhumanisme.

Un commentaire

  1. Avatar

    David, nom biblique, est identique en français et en anglais. C’est de son prénom américain que signait Crockett, qui par ailleurs détestait qu’on l’appelle Davy.

    David Crockett aura au moins rencontré un Français à Alamo (Le seul), Louis Rose, surnommé Moses (Moïse) par ses compagnons, parce que plus âgé qu’eux. Les Américains l’appellent avec mépris the coward of Alamo, le lâche d’Alamo. Lorsque William Travis donna à ses hommes le choix entre quitter le fort ou rester et mourir, Louis Rose fut le seul à partir. Parlant espagnol, il traversa nuitamment les lignes mexicaines, sans encombre.

    Louis “Moses” Rose n’était pas un lâche. Lieutenant de la Grande Armée, il avait survécu à la campagne de Russie et à Waterloo. Son jugement d’officier, conscient que la situation était désespérée, lui dicta sa conduite.

    Il luttera sans relâche pour que le gouvernement texan tienne sa promesse d’octroi de terres aux familles des défenseurs d’Alamo et obtiendra gain de cause.

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