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Dans le monde et dans les églises

Des voix différentes

Sur l’obligation d’être voilée : « Imposer le port du voile à une femme est contraire aux principes de l’islam », a déclaré la reine Rania de Jordanie, dans une interview au quotidien italien Corriere della Sera. Elle appelle « tous les modérés à se soulever et à faire entendre leur voix » et estime que porter le voile « est un libre choix personnel » et non « un problème politique ».

Apostasie

Un « Conseil des ex-musulmans » est né en Allemagne à l’initiative d’une femme d’origine iranienne Mina Ahadi. Près de 40 « ex-musulmans » proclament « Nous avons abjuré » et réclament pour les musulmans le droit de renoncer à leur foi, alors que selon le droit musulman l’apostasie est un crime passible de mort. Le Conseil central des musulmans en Allemagne n’apprécie guère et affirme que dans sa charte est inscrit le droit pour tout musulman de changer de religion ou de ne pas en avoir.

Le Chancelier britannique à Rome

L’histoire se raconte avec délectation chez les Vaudois (protestants réformés italiens). Lors de son voyage à Rome où avait lieu la réunion des ministres des Finances européens, il y a quelques semaines, Gordon Brown, ministre des Finances de sa Gracieuse Majesté et probable successeur du premier ministre Tony Blair, a offert au pape un recueil des sermons de son père, le révérend presbytérien écossais John Ebenezer Brown ! On attribue l’intérêt particulier pour l’Afrique et l’engagement de Gordon Brown à effacer la dette des pays en voie de développement à sa mère, engagée dans l’association humanitaire britannique Christian Aid, et à son père très influencé par le christianisme social. Un cadeau inattendu !

Rome

Comme est inattendue la mention « Inserito scidulam quaeso ut faciendam cognoscas rationem » qui donne les instructions permettant de retirer de l’argent d’un distributeur pour cartes bancaires derrière Saint Pierre de Rome. Est-ce pour plaire au « boss », Benoît XVI, en faveur d’un usage plus fréquent de la messe en latin, que les responsables de la Banque du Vatican remettent la langue de Virgile au goût du jour ?

Procter & Gamble n’est pas satanique

Depuis les années 80, court la rumeur que le lessivier américain Procter & Gamble est aux mains d’adorateurs de Satan ! L’accusation circule dans les milieux évangéliques américains et britanniques, un boycott s’organise qui durera jusque dans les années 90. Comme preuve de l’accointance satanique de la firme : le logo utilisé représentant un croissant de lune à face humaine accompagné de treize étoiles. Et comme chacun sait que la lune est un astre diabolique, le chiffre 13 maléfique et que pour aggraver son cas l’entreprise a soi-disant dissimulé le nombre 666, chiffre de la Bête de l’Apocalypse, dans les boucles de la barbe du personnage lunaire, le compte de Procter & Gamble est bon. Les dénégations, les explications sur l’origine du logo – 13 étoiles pour les treize premiers États historiques américains et la lune pour rappeler que les premiers produits fabriqués en 1872 étaient des bougies –, les poursuites judiciaires, rien n’y fait, la rumeur court toujours. Il aura fallu un récent jugement d’un tribunal américain, après une plainte contre quatre distributeurs concurrents et une enquête de 12 ans, pour que Procter & Gamble soit blanchi (!) et que lui soient accordés 19 millions de dollars de dédommagement. Et depuis 1991, Procter & Gamble a fait redessiner son logo en éliminant les boucles suspectes de la barbe, mais en gardant les treize étoiles. Le visage du nouvel emblème est aussi plus souriant et serein. Moins « satanique » ?

Discrimination sexiste

Aux États-Unis encore, Sheri Klouda, enseignante en hébreu biblique au séminaire baptiste de Louisville, a été licenciée. Motif : la Convention baptiste du Sud ne peut autoriser une femme à « enseigner la théologie, l’hébreu et le grec biblique à des hommes ». Interpellé, le directeur défend sa décision au prétexte que « la position biblique traditionnelle baptiste » de l’Institut ne permet qu’aux hommes d’enseigner les matières fondamentales à ses futurs pasteurs. La nomination de Sheri Klouda ? « Une perte momentanée de ces repères. »

La parabole des talents

Quand vous êtes pasteur d’une petite paroisse anglicane du sud-ouest de Londres, que l’entretien de l’église vous incombe et que le toit a un urgent besoin d’être réparé, que faire pour trouver l’argent nécessaire ? Le révérend Stuart Lee, de la paroisse Saint Matthew, a eu l’idée d’appliquer à ses fidèles la parabole des talents racontée dans l’évangile de Matthieu. Il leur a distribué, durant son service du dimanche, une enveloppe contenant 20 £. Les 80 paroissiens ont reçu pour mission de les faire fructifier d’ici Pentecôte. Gageons qu’ils s’y emploieront… car ils savent sûrement que la parabole se termine mal pour le serviteur qui s’est contenté d’enterrer ses talents : « Jetez-le dehors, dans l’obscurité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et The Guardian de conclure : « Mais si vous entendez des grincements de dents 50 jours après Pâques, vous pouvez être certains que Saint Matthew a toujours son toit qui fuit et qu’il y a plein de billets de 20 £ enfouis dans le parc derrière l’église. »

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À propos Claudine Castelnau

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