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Jésus, Donald Trump et le droit de femmes

Un des derniers actes de Donald Trump a été de nommer juge à la Cour Suprême des États-Unis une juriste catholique pratiquante, héroïne du mouvement anti-avortement, Amy Coney Barrett. Elle remplace Ruth Bader Ginsburg qui s’est battue contre les discriminations sexistes et pour la reconnaissance des droits des femmes, en particulier sur l’avortement, pour lequel elle considérait que « le gouvernement n’a pas à faire ce choix pour une femme ».

Cette décision qui donne une nette majorité conservatrice à l’instance juridique suprême aux États-Unis, risque d’impacter la vie de millions d’Américaines et d’Américains, en particulier sur le droit à l’avortement.

A court terme, elle a été prise, dans la perspective des élections présidentielles, pour séduire la droite chrétienne, ceux qui s’auto-proclament « défenseurs de la vie »  (pro-Life) sur la question de l’avortement.

A long terme, il s’agit de revenir sur la position favorable au choix des femmes (pro-Choice) sur cette question.

Alors que certains utilisent la religion à des fins politiques, il semble opportun de s’interroger sur la fidélité de la droite chrétienne au message de Jésus de Nazareth. Quand on examine sa vie, a-t-il posé des interdictions, condamné ceux qui étaient dans la peine, évité ceux que la morale commune réprouvait, empêché de s’épanouir les vies de ceux qu’il croisait ?

Au contraire, il a dénoncé l’hypocrisie de ceux qui se tenaient à l’écart pour ne pas être souillés, de ceux qui prônaient la pureté aux autres mais ne la pratiquaient pas forcément, de ceux qui affichaient une foi tapageuse mais ne pratiquaient pas la charité, Il a condamné les religieux qui détournaient le message divin à leur profit.

Jésus était-il quelqu’un de fréquentable, selon les critères de la droite chrétienne américaine ? Loin de poser des barrières, de développer de l’entre-soi satisfait, il a rompu toutes les digues, passé toutes les bornes, franchi toutes les frontières. Il a fréquenté les marginaux, les exclus, les gens à la moralité douteuse, les non juifs. Il a d’ailleurs souvent dit qu’il était venu pour les pécheurs, les malades et les réprouvés. Pour ceux-là, il a cherché à ouvrir leurs yeux pour éveiller leur conscience, à ouvrir leurs oreilles pour qu’ils entendent l’appel divin à une vie en abondance, à guérir leurs infirmités pour que leur âme s’épanouisse.

Imagine-t-on un instant Jésus défilant au côté de la droite chrétienne devant les centres qui pratiquent l’avortement ou protestant contre la présence d’une communauté homosexuelle ?

 

En bref, Jésus aurait-il appelé à voter pour Donald Trump comme l’a fait une bonne partie de la droite chrétienne ? On aurait beaucoup plus de chance de le trouver auprès des jeunes filles violées, des femmes battues par des hommes violents, des enfants abusés par des religieux, des familles déchirées par l’immigration, des gays abandonnés par leur famille ou agressés par des personnes homophobes, des familles endeuillées par des violences policières ou des règlements de comptes de gangs armés. La droite chrétienne ferait bien de s’en souvenir, elle qui avait vu en 2016 une intervention divine dans l’élection de Donald Trump.

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À propos Jean-Pierre Capmeil

est docteur en géopolitique, il a été impliqué dans la catéchèse à l’Oratoire du Louvre et aide à présent pour la communication du Foyer de l’Âme.

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