Sacrilège ?

A-t-on, avec l’assassinat de ce prêtre en train de célébrer une messe, franchi un nouveau seuil dans l’horreur ? Il semble que ce soit le sentiment de beaucoup de gens. Parmi les réactions très vives, autant sinon plus qu’à la suite de la tuerie de Nice, certaines le laissent supposer. C’est qu’on a touché au sacré et notre pays a beau être largement laïcisé, le prestige d’un sacré hérité de la religion traditionnelle reste puissant, y compris chez les non-croyants ; toucher à certaines choses, même si on n’y croit pas, relève du sacrilège et suscite la répulsion.
Le protestantisme a de fortes réserves envers un sacré distinct du profane ; en proclamant, le sacerdoce universel, il a aboli la séparation entre prêtres et laïcs ; il ne considère pas que ses temples soient des lieux habités par du surnaturel ; ses cultes entendent annoncer une parole venant de Dieu et non transformer du pain en substance divine.
Je suis affecté et me sens atteint non seulement dans mon identité culturelle et nationale mais aussi en tant que chrétien par l’assassinat de ce prêtre, et encore plus touché parce que je suis pasteur et en un sens confrère de la victime. Il n’en demeure pas moins, et le pape François semble l’avoir suggéré, que tuer un laïc sur la promenade des anglais ou sur la terrasse d’un café est un aussi grand sacrilège, une offense aussi grave à Dieu, à la religion ou au sacré et un crime aussi abominable contre la société et l’humanité que de tuer un prêtre en train de célébrer la messe.

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À propos André Gounelle

est pasteur, professeur honoraire de l’Institut Protestant de Théologie (Montpellier), auteur de nombreux livres, collaborateur depuis 50 ans d’Évangile et liberté.

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