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Une chaire de théologie œcuménique

Cette Chaire de théologie œcuménique donne une visibilité à l’enseignement et à la recherche œcuméniques qui se vivent déjà depuis un certain nombre d’années au Centre Sèvres, grâce au travail de plusieurs théologiens jésuites et théologiennes catholiques (B. Sesboüé s.J., C. Théobald s.J., A-M Petitjean…). Lors de cette soirée d’ouverture, M. Fédou s.J., co-titulaire de la Chaire, a exprimé le souhait qu’elle « contribue à ce que la préoccupation œcuménique ne soit pas seulement le fait de quelques-uns, mais qu’elle puisse de quelque manière marquer tous les enseignements, et qu’elle soit perçue par les étudiants eux-mêmes comme une préoccupation essentielle à la théologie ». Elle peut être un signe qui rappelle combien la théologie, faite dans une perspective œcuménique, favorise une plus grande communion entre les Églises. En ce sens, cette Chaire peut participer, modestement mais avec foi, au travail de réconciliation entre nos Églises, a souligné É. Grieu, s.J., président du Centre Sèvres. L’enjeu d’une diversité réconciliée dépasse nos institutions et communautés ecclésiales et concerne l’humanité : tel est aussi ce que doit rappeler cette Chaire. C’est, entre autres, ce qu’ont mis en exergue la théologienne catholique, K. Shirk Lucas (Institut Supérieur d’Études œcuméniques -ISEO) et le théologien luthérien, F. Chavel (Institut Protestant de Théologie) dans leur intervention lors de la soirée d’inauguration sur le thème « Le dialogue œcuménique. Enjeux pour la théologie chrétienne ».

Le programme de cette année 2018-2019 invite à entrer dans une des premières démarches œcuméniques qui est très probablement la volonté de connaître le langage de l’autre, les différentes traditions de nos Églises, c’est-à-dire leur patrimoine spirituel, liturgique et théologique. C’est un des objectifs du cours intitulé « L’orthodoxie : perspective historique et contemporaine ». Celui-ci a proposé une initiation à l’histoire et à la théologie de l’Église orthodoxe, en étudiant quelques grands auteurs de cette tradition et a été donné (du 25 octobre au 6 décembre) par le théologien orthodoxe G. Sekulovski, professeur de patrologie à l’Institut Saint-Serge. À ce cours de la Chaire de théologie œcuménique s’est greffé (du 18 octobre au 6 décembre) celui du Père A. Siniakov, recteur du Séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève, sur la spiritualité orthodoxe. L’intitulé, qui est une interrogation, « La spiritualité orthodoxe, une spiritualité monastique ? », a eu pour objectif d’étudier l’influence du monachisme sur la spiritualité chrétienne orientale, notamment sur l’évolution de la liturgie, la pratique du jeûne et de la prière. Enfin, comprendre le langage de l’art liturgique des icônes à partir de l’étude de représentations iconographiques de saints sera l’objectif du cours de C. Sollogoub (laïc orthodoxe, enseignant-chercheur au Conservatoire National des Arts et Métiers) : « L’Art des icônes – les icônes des saints » (du 12 mars au 9 avril).

Un autre aspect de la démarche œcuménique est de ne pas hésiter à revisiter les controverses traditionnelles entre chrétiens. Afin de mesurer le chemin parcouru, mais surtout afin d’accueillir les nouvelles perspectives qui ont été ouvertes par la réflexion théologique et le dialogue œcuménique. Un cours et une session proposeront cet itinéraire. Le cours (du 10 janvier au 21 février) sera donné par M. Fédou et moi-même sur la figure de Marie, figure ayant souvent cristallisé (malgré elle !) nos controverses : « Marie dans le dessein de Dieu. Enjeux pour le rapprochement des Églises ». Puis, une session réservée aux étudiants du 1er cycle sur « La joie et la liberté du salut » aura pour objectif d’accueillir la Déclaration Commune sur la Justification, déclaration dont nous fêterons en 2019 les 20 ans. Trop souvent, les dialogues œcuméniques semblent, pour les croyants (et même pour les étudiants en théologie !), renvoyer à des débats d’un autre temps et réservé à des spécialistes. Cette session (avec A-M Petitjean, A-C Graber, A. Thomasset, M. Fédou, A. Birmelé) voudrait montrer combien ce thème de la justification est une « Bonne Nouvelle » d’une brûlante actualité pour notre temps, notamment dans ses conséquences existentielles et éthiques. Ainsi, la Chaire de théologie œcuménique peut favoriser la réception des dialogues et accords oecuméniques, réception qui fait encore aujourd’hui trop souvent défaut dans nos différentes Églises.

Ce thème de la justification prendra visage, si l’on peut dire, avec un cours sur le théologien D. Bonhoeffer intitulé « Gratuité du salut et responsabilité de l’homme ». K. Yamamoto, théologien protestant, enseignant à l’ISEO et travaillant à la Conférence des évêques de France, nous proposera de réfléchir (du 7 février au 21 mars) avec D. Bonhoeffer, sur le lien indissociable entre la gratuité du salut et la responsabilité de l’être humain dans le monde.

Telles sont donc les propositions d’enseignement de cette année 2018-2019 que vous pouvez retrouver pour plus de détails sur le site du Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris (www.centresevres.com).

 

À propos Anne-Cathy Graber

est pasteur (Église évangélique mennonite), sœur consacrée (Communauté du Chemin Neuf), co-titulaire de la Chaire de théologie œcuménique (Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris).

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