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La Fondation Armée du salut

 Samuel Coppens propos recueillis par Alain Mahaud

A.M. : Nous connaissons tous l’Armée du Salut, mais pourriez-vous nous dire quelques mots sur sa Fondation ?

S.C. : Dès le XIXe siècle, l’Armée du Salut s’est voulue « priante et servante ». À côté de la Congrégation qui est l’Église de l’Armée du Salut, la Fondation est, en France, l’institution qui prend en charge l’action sociale. Elle emploie 2 800 salariés, elle dispose de 5 000 bénévoles et elle accueille et aide 27 000 personnes quotidiennement.  

 A.M. : Comment avez-vous fait face à la pandémie ces deux dernières années ?

S. C. : Comme tout le monde, nous avons dû faire face à la soudaineté et la brutalité de cette pandémie. Il a fallu que nous agissions tout de suite avec détermination et méthode, tout en adaptant nos actions pour prendre en charge les nouvelles détresses qui ont très vite émergé.

Notre première préoccupation a été de nourrir les gens et ce sont 7 000 repas par jour qui ont été livrés partout où il y avait des besoins. En partenariat avec des restaurateurs professionnels et Action contre la faim, nous avons pu mettre en place une incroyable organisation qui nous a permis de servir des personnes qui survivaient grâce à des petits boulots, et qui du jour au lendemain ont perdu leur activité et donc leur capacité à se nourrir. Ces personnes, dont la vie pouvait basculer dans l’extrême pauvreté, vivaient déjà dans une forme de pauvreté qui ne dit pas son nom et que l’on ne voit pas, bien qu’elle soit tout autour de nous.

 A.M. : Vous parlez d’un élan de solidarité, pouvez-vous nous en dire plus ?

S.C. : Lors du premier confinement, nous aurions pu être empêchés d’agir par le fait notamment que les personnes âgées, fragilisées, ne pouvaient plus participer à nos actions. Très vite, il y a eu un formidable élan de solidarité, notamment chez les jeunes qui ont décidé de se mettre au service du bien commun : donner à manger à celles et ceux qui n’avaient plus la possibilité de se nourrir. Nous avons ainsi accueilli plus de 800 nouveaux bénévoles. Il y eut aussi un très grand mouvement de solidarité des entreprises qui nous ont fourni très vite des masques, du gel et des blouses. Ce fut un moment de très grande fraternité !

A.M. : Aujourd’hui, où en sommes-nous ?

S.C. : Grâce à un incroyable élan de solidarité de toute la société, à l’efficacité des dispositifs et des moyens mis en place par l’État et à l’énorme mobilisation des associations, le pire a pu être évité. Mais nous constatons que les plus pauvres continuent à être les plus exposés non pas aux risques sanitaires mais à un isolement et à une certaine détresse sociale. Ils souffrent terriblement. C’est un nouveau défi auquel nous devons faire face.

Par ailleurs, la situation est très tendue dans le social et le médico-social. Les équipes sont extrêmement fatiguées. Dans les EHPAD, nous avons beaucoup de difficultés à recruter car ce sont des métiers dont nous attendons beaucoup et qui restent financièrement peu attractifs.

Alors, nous devons perpétuellement innover pour être là où l’on a besoin de nous. Par exemple, nous développons, avec Action contre la faim, un projet pour soutenir financièrement des personnes qui, à cause de la pandémie, pourraient tout perdre et basculer dans l’exclusion totale et l’extrême pauvreté. Nous avons engagé un travail d’identification de ces personnes ou de ces familles avec les organismes sociaux pour leur permettre de ne pas avoir le souci de se nourrir en leur donnant des bons d’achat alimentaires.

A.M. : Que voudriez-vous partager avec nous ?

S.C. : Partager les cinq valeurs de la Fondation : l’inconditionnalité de l’accueil qui doit être chaleureux, généreux et sans aucun jugement, l’exigence dans la qualité de notre accompagnement, la fraternité qui se manifeste par la bienveillance, l’empathie et le respect de chacun, la participation des personnes accueillies qui les met debout et préserve leur dignité et enfin l’espérance, celle du droit au recommencement et à la perspective d’un mieux possible.

À la Fondation, au-delà de leur fournir de la nourriture, nous voulons faire en sorte que les personnes que nous servons puissent sortir de la rue. Je suis certain qu’en prenant appui sur ces valeurs, nous pouvons leur faire entrevoir un monde meilleur.

 

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À propos Alain Mahaud

est engagé dans un cursus en théologie à l’Institut Protestant de Théologie (faculté de Paris) après 35 ans d’activité professionnelle en entreprise, dont près de 10 ans en tant que DRH d’une filiale d’un grand groupe financier.

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