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Le Salut par la foi, ou comment ne pas s’adresser à nos contemporains

 

Nous avons célébré l’an dernier dans nos Églises locales le 500e anniversaire de la Réforme et nous ne pouvons que nous réjouir de l’écho recueilli, y compris parmi nos frères catholiques. Nous avons exposé doctement la justification par la foi, satisfaits d’avoir eu raison cinq siècles avant que le pape François – célébrant la Réforme le 31 octobre 2016 en Suède avec l’Église luthérienne – ne reconnaisse sur ce point l’apport décisif de Luther à la théologie chrétienne.

Mais était-ce bien en ces termes du XVIe siècle qu’il fallait s’adresser à nos contemporains ? Que signifient pour eux – et même pour nous – le salut ? (être sauvé de quoi ?) Et la justification ?

Je suis persuadé que nous avons perdu une belle occasion de montrer que les thèses du réformateur (À Dieu seul la gloire, l’Écriture seule, la grâce seule…) portaient en germe la modernité et demeuraient pleinement d’actualité : la lecture personnelle pour se forger une opinion, la liberté de n’obéir qu’à sa conscience, la remise en cause permanente des autorités humaines, faire le Bien gratuitement et sans attendre de retour, sans oublier la démocratie fédérative de nos structures.

Il eût aussi fallu rappeler le volet social porté par les réformateurs qui, dans un esprit évangélique, ont institué des structures d’entraide sociale pour les pauvres, ainsi que des écoles pour que tous les enfants puissent apprendre à lire et à écrire. Calvin notamment écrivait : « Là où l’on connaît Dieu, on prend soin de l’humanité » et « L’injustice sociale et les larmes de la société blessent Dieu ».

Luther disait qu’il fallait s’adresser à tous en langage compréhensible, y compris aux « petites gens et aux domestiques ». Être fidèle à la méthode qu’il préconisait n’est donc pas reprendre des expressions du XVIe siècle mais les traduire en langage du XXIe. Et donc, comme un ami l’a écrit « ne pas parler comme Luther, mais parler avec Luther ».

Alors, que nos pasteurs et chacun d’entre nous fassions enfin cet effort indispensable pour la prochaine célébration de la Réformation ! Et, au fait, pourquoi pas dès aujourd’hui ?

 

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À propos Philippe Vollot

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Prédicateur laïque de l’Eglise Protestante Unie, Philippe Vollot 15, bien que retraité du ministère de l’Intérieur depuis 2015, conserve des responsabilités syndicales dans les différents secteurs de cette administration (préfectures, Police nationale) et est en contact notamment avec la Ligue des Droits de l’Homme et le Syndicat de la Magistrature.

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