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Le défi écologique

Hong Kong sous la tempête. Photo Xy52nemo/Dreamstime

La planète va mal et c’est notre faute à nous, les hommes et les femmes d’Occident qui, depuis bien trop longtemps, vivons au-dessus de nos moyens. Ce constat, nul ne saurait le nier au risque de passer, et à bon droit, pour un climatosceptique de la pire espèce. Martin Kopp, dans le dossier qui vient, le démontre simplement et lucidement – et, ce qui est mieux encore, avec parfois une pointe d’humour fort bienvenue. Oui, il est temps d’agir, mais d’agir vraiment. Et de ce point de vue, son beau texte ne peut que réveiller les consciences endormies et susciter des vocations. Oui, notre planète va mal et par notre surconsommation abusive, nous faisons peser sur la tête de nos enfants et petits-enfants des risques que nous ne pouvons peut-être pas imaginer. Là encore, Martin Kopp a raison de le rappeler : si nous voulons sauver la planète, ce n’est pas d’abord pour la planète en tant que telle (même si, en soi, cela en vaut bien sûr la peine) ; si nous voulons d’abord sauver la planète, c’est parce qu’elle est notre lieu de vie à toutes et tous et que nous n’en avons pas d’autre. Dans une période qui voit fleurir les discours écologistes les plus extrêmes (favorables, pour certains, à un dépérissement de l’humanité au profit de la création) mais aussi devant la récupération par l’extrême droite d’une écologie dite « patriote » (et donc peu soucieuse du sort des victimes du réchauffement climatique en dehors de nos frontières), il est hautement salutaire de rappeler que lutter pour le bien de la planète, c’est lutter aussi (et sur tout?) pour le bien des hommes et des femmes qui l’habitent et l’habiteront. Mais faut-il pour cela renouer avec les lignes de crêtes d’une théologie de la création qui, je dois l’avouer, ne me parle plus guère et risque de ne pas toucher non plus beaucoup de nos contemporains ? Avons-nous vraiment besoin d’une « éthique théologique climatique » fondée sur une relecture souvent peu critique de l’Ancien Testament pour admettre que notre monde va mal, que les hommes et les femmes de demain sont mis en danger par notre consommation abusive ? Personnellement, je crois que ce dont nous avons surtout besoin, c’est de plus d’humanité, c’est-à-dire d’hommes et de femmes libérés des contraintes que notre société fait peser sur eux. Ce qu’il nous faut, ce sont des êtres à même de se porter au-devant des autres parce qu’ils sont parvenus à vivre de cette « joie imprenable » que confère la vie lorsqu’elle est perçue comme un cadeau et non comme fardeau. C’est seulement si nous parvenons à aider ces femmes et ces hommes à sortir des prisons dans lesquelles ils sont enfermés que ces derniers pourront alors percevoir en autrui ce « prochain » qui les engage et dans l’environnement ce bien commun qu’il leur faut préserver. Si je ne suis pas climatosceptique (ou, en tout cas, ne crois pas l’être), je reste par contre sceptique vis-à-vis d’une éthique de la création qui fonderait la nécessité de la lutte contre la dégradation de notre terre sur je ne sais quel récit mythique reproduit à l’identique.

À lire l’article de Martin Kopp «  Climat de peur, climat d’espérance ? « 

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À propos Pierre-Olivier Léchot

est docteur en théologie et professeur d’histoire moderne à l’Institut Protestant de Théologie (faculté de Paris). Il est également membre associé du Laboratoire d’Études sur les Monothéismes (CNRS EPHE) et du comité de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français (SHPF).

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