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Une passionnante théologie de la création

 

296-09-3Il y a plus de 2 500 ans, au Moyen-Orient, des hommes ont essayé d’imaginer comment le monde avait pu naître. Ils ont écrit les très beaux récits de création du début de la Genèse. Deux mille ans plus tard, Galilée, avec ses premières expériences sur la gravitation, ouvrait la voie à la science moderne. Dès ce moment, des tensions sont apparues entre les scientifiques et l’Église, puisque les premiers infirmaient les textes bibliques qui, pour la seconde, décrivaient la seule « vérité ».

Aujourd’hui, la science semble bien expliquer le fonctionnement du monde, au point que certains scientifiques balaient d’un revers de main l’hypothèse de l’existence de Dieu, en s’exclamant « balivernes ! »…Face à eux, certains croyants créationnistes s’accrochent désespérément à la lecture littérale du texte biblique, refusant d’envisager qu’elle puisse être discutable. Les conflits entre la science et la religion sont donc loin d’être totalement résolus, même si l’Église catholique a récemment reconnu que Galilée et Darwin pouvaient avoir eu raison.

Pourtant la coexistence de la science et de la foi est possible. Arnold Benz, astrophysicien suisse, le montre brillamment dans son ouvrage L’univers offert.

Il nous emmène avec enthousiasme dans un grand voyage dans l’espace et dans le temps à travers l’univers, depuis sa naissance avec le Big-bang, il y a 13,7 milliards d’années, jusqu’à l’évocation de sa mort future. Il nous parle des nuages moléculaires, de la naissance et de la mort des étoiles, de la formation des planètes. Il nous parle des trous noirs, du vide interstellaire, qui n’est pas vide, et dans lequel des « fluctuations quantiques » font apparaître et disparaître localement des particules furtives. Il nous explique que tout est toujours en évolution, qu’il n’existe aucune permanence.

Et il nous parle de Dieu : un Dieu qu’il associe à nos émotions. Bien entendu, il ne s’agit pas pour lui d’un vieillard barbu vêtu d’un drap, caché derrière une nébuleuse ! Il explique que la meilleure façon d’en faire l’expérience est d’abandonner toute connaissance scientifique et de se laisser aller à l’émerveillement devant une nuit claire étoilée. « Celui qui s’émerveille ne fait pas qu’enregistrer le monde, de façon objective et scientifique, il y réagit par une sensation qu’il peut régler et qu’il peut laisser venir ou non. » Pour lui, Dieu n’est pas le créateur à l’origine de l’univers, ni le « grand horloger » responsable de la marche du monde. L’univers évolue selon des lois physiques, même si tout n’est pas complètement prévisible. Dieu est plutôt celui qui emplit notre âme de joie et même d’extase devant la vision d’un ciel nocturne. « La création, on la ressent, tout comme la beauté, à un autre plan que le plan scientifique. »

Arnold Benz est très scientifique dans sa description de l’univers, mais son ouvrage reste compréhensible et clair. Et il nous présente une image de Dieu moderne et libérale qui me convient parfaitement, même s’il peut en exister d’autres.

 

Albert Schweitzer : Le No 171 (octobre 2015) des Cahiers Albert Schweitzer comporte, entre autres, un remarquable panorama et une magnifique synthèse consacrés à la pensée et à l’œuvre d’Albert Schweitzer : le musicien, le philosophe, le théologien, le médecin.
On peut commander ce no à La Maison Albert Schweitzer, 68140 Gunsbach. Chèque de 10 € (port compris) à l’ordre de L’Association Française des Amis d’Albert Schweitzer.

 

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À propos Jean-Luc Duchêne

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est enseignant-chercheur retraité en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, il s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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