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Une question de santé

C’est en 1989 que le pasteur de ma nouvelle paroisse m’offrit un numéro d’Évangile et liberté, au moment où je traversais une crise existentielle importante, qui m’obligea à redéfinir ma foi.

Pourtant, je me retrouvais bien dans le discours et la prédication de mon Église (à l’époque, Réformée de France) mais j’étais affligée par le comportement archaïque de certaines personnes qui, pour la plupart d’entre elles, réduisaient non seulement la Bible, mais aussi leur engagement ecclésial, à un code de moralité auquel il ne fallait pas déroger, activant, malgré moi, une culpabilité malsaine.

Avec cette revue, je reçus une bouffée d’air frais. Je retrouvais une santé spirituelle. Et cela continue. Je fais toujours mienne cette idée que toute religion, y compris le protestantisme, peut devenir un lieu d’obscurantisme et de manipulation, lorsqu’elle réduit son enseignement et son témoignage à une somme de doctrines que l’on doit croire sans discuter ou à un rituel que l’on doit pratiquer sans se poser de questions.

On ne naît pas croyant libéral, on le devient, ne serait-ce que parce que les événements de la vie nous y amènent. C’est une question de bonne santé spirituelle et religieuse, liée à la croissance de la personne. Pour ma part, j’ai besoin de comprendre, d’interpréter, de débattre, d’actualiser les textes bibliques, pour les vivre pleinement dans mon quotidien. Pour ce faire, j’ai besoin de tout le monde, des libres penseurs comme des autres religions et de tout ce qui m’entoure, des arts comme des sciences.

C’est important pour moi de sortir du « prêt à croire ». Mon protestantisme libéral, c’est de pouvoir croire et penser Dieu, mais aussi l’Église, autrement, à contre-courant, avec cette ouverture indispensable aux autres et cette pluralité de compréhensions. C’est aussi de pouvoir le dire, et le vivre, librement, comme une théologie toujours en dialogue, à la fois existentielle, intelligente et prophétique. Une force de proposition pour l’Église et pour la société.

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À propos Agnès Adeline

est pasteure de l’Église protestante unie de France à Paris (Oratoire), et aumônier à la Maison d’arrêt des femmes, à Versailles.

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