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Au féminin

 

Une vingtaine de théologiennes protestantes et catholiques francophones, d’Europe, d’Afrique ou du Québec, éclairées par les avancées des sciences bibliques, portent leur attention sur ce que disent et font les femmes dans la Bible. Les auteurs décident de discerner deux champs : « D’une part le corps et ses attributs de genre, à travers les questions de féminité, pudeur, beauté, séduction, virginité, stérilité ; d’autre part les rôles et statuts des femmes, à travers les questions de prise de parole, soumission et rôles, femmes missionnaires et témoins. »

Dans le premier chapitre, Pierrette Daviau et Diane R. Marleau discutent des représentations de Dieu, repérant « les visages féminins de Dieu ». Elles invitent à l’écoute de la sagesse, à penser Dieu au féminin dans le Premier testament, en écho aux « qualités divines de la sagesse ». Le second chapitre, « Cachez ce corps que je ne saurais voir », propose « la pudeur comme source d’une nouvelle conscientisation de soi ». Par l’exemple de Judith, Catherine Vialbe réfléchit sur « des femmes fatales dans la Bible ». Que devient alors « l’archétype de la femme tentatrice et séductrice ? », à quelle fin ? On fréquente tour à tour Jézabel, Athalie, Bethsabée, la bien triste princesse Mikal, sans oublier Dalila et la très jeune Salomé. Un chapitre entier sera réservé « aux débordées et aux Marie silencieuses » avec pour sous-titre « le service libéré de l’enfermement entre dévouement et dévotion ». Le livre se poursuit avec des histoires d’étrangères courageuses, face à la violence et à la « séculaire soumission des femmes ».

Un chapitre bouleversant dévoile « une stérilité féconde ». Il invite à repenser « la promesse de descendance » et, dans notre vision moderne, le droit à l’enfant, la place laissée à ce dernier ; il invite aussi à dépasser la stérilité. « De la procréation à l’incarnation de la Parole de Dieu », le lecteur est entraîné par une exhortation : « Soyez fécond et remplissez la terre. » Dans ce riche chapitre, Priscille Fallot, Christine Jacquet Jacquet-Lagrèze, Martine Millet et Danièle Ribier partagent leur échange sur la stérilité à dépasser, abordent l’assistance médicale à la procréation et la gestation pour autrui, percent le désir de « porter du fruit » dans les différentes façons de « féconder sa vie ».

D’une femme à l’autre, il est question d’autorité et de transmission d’une parole divine décisive. Leur point commun : « Leur identité n’est pas fondée sur l’éventuelle maternité et l’engendrement d’une descendance, à l’exception bien sûr de Marie, leur identité est fondée avant tout par leur action et leurs paroles. » Le déplacement est de taille.

Élisabeth Parmentier, Pierrette Daviau, Lauriane Savoy (dir.), Une bible des femmes, Genève, Labor et Fides, 2018, 287 pages.

 

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À propos Michèle Pourteau

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a été enseignante en IUFM pour la formation des professeurs des écoles. À la retraite, elle poursuit des activités de formation, que ce soit au Bénin à Songhaï, centre de formation agricole pour l’élaboration des projets d’entreprise des agriculteurs, ou dans le cadre d’une université de théologie en ligne (domuni.org).

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