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Le temps à l’épreuve

 

Est-il nécessaire de détailler l’adversité qui nous accable, vous savez de quoi je parle, nous l’avons tous rencontrée sur notre chemin. Elle a fracassé notre présent, nous précipitant dans la souffrance ou le désarroi, ébranlant notre foi : « mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Tant d’interrogations sans réponse bouleversent notre compréhension de la Bonne Nouvelle, de la lumière perçue par Marie de Magdala au matin de Pâques, de l’éblouissement de Paul sur la route de Damas, du souffle fragile sur le mont Horeb, du buisson ardent sur le mont Sinaï.

 Suit alors un moment de dessèchement, de perte de sens : je compte mes os, je griffe le sol de mes ongles, je balbutie des questions, toujours les mêmes, celles qui écorchent le cœur, qui s’imposent à moi sans être forcément les « bonnes » questions. Mais je hurle dans ma tête, et je déambule en répétant ces mots, cherchant follement des réponses, des certitudes, des raisons de ne pas désespérer, malgré ce qui m’a frappé, malgré cette nuit ténébreuse

 Et voilà qu’au fond de ce néant, il y a cette main, une main malgré tout, en dépit de tout, qui se pose sur mon épaule, une main douce et forte, si puissante qu’elle interrompt mes tremblements. Elle vient de loin, cette main, elle a traversé les siècles, erré parmi tant d’appels au secours qu’elle en a gardé la peau calleuse au bout des doigts, une vraie main de charpentier qui sait travailler le bois pour lui donner forme et sens, une main qui change la nature des choses. Elle m’assigne un nouvel avenir, parce qu’elle est bien présente maintenant cette main, j’en mettrais la mienne au feu.

 L’apaisement me gagne, l’épreuve m’a conduit hors de moi, m’a débarrassé peu à peu de mes crédulités d’enfant, de mes croyances magiques. Je me libère des vestiges du passé. Il faut aller vers le cœur, le noyau, m’en approcher, retrouver les traces incandescentes laissées par ce Jésus de Nazareth. Ses paroles irriguent tant de vies, par ces gestes comme l’effleurement des doigts sur une épaule courbée, le toucher délicat d’une paume sur un front accablé, qui transmet la chaleur d’une grâce indicible avec ici, oui là !, vous les voyez maintenant, des traces de résurrection. Vient alors le temps de se relever.

 

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À propos Jean-Marie Firdion

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