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Mais qui est ce « Nous » au juste ?

 

Une identité positive est un besoin humain, elle se construit sur deux plans : l’identité personnelle et l’identité sociale, donc l’appartenance à un groupe dont l’identité est avantageuse. Selon la théorie de l’identité sociale, les conflits entre groupes sociaux s’expliquent à travers trois processus fondamentaux : la catégorisation sociale, l’auto-évaluation sur la base de l’identité sociale et la comparaison sociale intergroupe. Selon les études menées par Henri Tajfel (1919-1982), un seul critère arbitraire est suffisant pour que les humains se divisent en groupes afin de renforcer leur identité et ainsi leur position, pour le moins en apparence. Ceci est valable notamment en temps de crise ou pour distribuer des ressources limitées. Ce critère est habituellement celui qui semble le plus évident : la couleur de peau, la conviction politique ou encore la religion. L’histoire nous tient maintes mémoires douloureuses prêtes au rappel. À l’heure des populismes de tous bords la (re)définition de nos identités prend une importance politique. Elle sert aux uns à montrer du doigt les fautifs présumés des maux de nos sociétés et force ainsi les autres à assainir leur identité sociale entachée. Pour le cas des communautés religieuses, cela passe souvent par une fuite dans la rigueur d’un référentiel religieux comme stratégie de défense. Dans ce cercle vicieux, les voix des analystes nuancés se noient dans les bruits des trompes de guerre populistes. Quelle stratégie alors adopter face à cette situation ?

Les explications simplistes et les aboiements étant réservés aux populistes, deux pistes s’offrent aux promoteurs du vivre-ensemble : le rééquilibrage des identités sociales sur base d’une reconnaissance mutuelle et la construction d’un nouveau Nous. Concernant l’identité de la communauté musulmane, rendons-lui donc l’honneur qu’elle mérite pour qu’elle puisse s’épanouir et contribuer pleinement à notre société et affirmons l’identité européenne, française, suisse, etc. de l’islam pour contraindre les populistes à revoir leur catégorisation sociale dépassée. Voici une stratégie pour l’avenir.

 

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À propos Pascal Gemperli

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est président de l’Union Vaudoise des Associations Musulmanes

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