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Revenir à soi

 

303-09-2Les amateurs de certitudes assénées et les amoureux du plan en trois parties avec thèse-antithèse- synthèse en seront à nouveau pour leurs frais. Difficile qu’il en aille autrement avec Hubert Auque, rêveur méditant qui a planté sa tente à la croisée de multiples chemins : théologie, psychanalyse, anthropologie, toutes disciplines – mais aime-t-il ce mot ? – qui traitent du problème de la nature humaine, du rapport de l’homme avec l’univers ou avec l’invisible – appelons- le « Dieu » – et, bien entendu, avec le langage.

 Revenir à l’essentiel, son dernier livre, devrait être lu, ne serait-ce qu’en raison de son titre, par toutes les personnes pour lesquelles la vie de l’esprit est un long cheminement vers le centre, qui coïncide aussi avec un certain vide, selon le sens que François Cheng donne à ce mot : un « vide médian », ce vide « qui réside au cœur de toutes choses y insufflant souffle et vie, permettant d’accéder à la transformation interne et à la virtuelle unité. »

Le projet de son livre d’ailleurs se résume par cette citation de Jeanette Winterson qui ouvre son ouvrage : « Nous avons tendance à croire que ce dont on a besoin pour tout transformer – le miracle – est ailleurs, alors que nous avons la solution sous notre nez. Parfois, nous sommes la solution, elle est en nous. »

Hubert Auque, en patient médecin, nous aide à avancer. Il écarte les ronces, déblaie patiemment les obstacles, interroge sans cesse les mots, affine et précise. Il ne détruit rien, il ouvre des failles. Libre au lecteur – à la lectrice – de s’y faufiler à sa suite ou de rester sur le seuil, à admirer l’abîme qui s’ouvre. Car il n’y a pas, chez Hubert Auque, de perspective qui ne soit insolite, curieuse, à laquelle on n’avait pas encore pensé. Ce n’est pas au loin qu’il nous emmène, c’est « au proche ». Il ne s’agit pas pour lui de nous divertir pour nous distraire de nous-mêmes mais de nous convertir au sens de « revenir » à soi, qui est une démarche au fond aussi urgente que noble et « essentielle ».

Si vous avez aimé le film documentaire « Demain » ; si aux autoroutes rectilignes, vous préférez les départementales sinueuses par un beau jour de printemps ; si aux sons de l’orchestre symphonique, vous préférez le chant mélancolique du violoncelle seul et à la page, la marge, il y a de fortes raisons de croire que vous aimerez aussi ce petit livre fort et attachant.

Hubert Auque, Revenir à l’essentiel. Quand l’inconscient croise la spiritualité, Paris, Erès, 2016, 174 pages.

 

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À propos Emmanuel Rolland

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