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Une pêche saisissante Luc 5, 1-11

Une foule d’hommes et de femmes captivés par la Parole de Dieu que délivre Jésus et une foule de poissons capturés par quelques pêcheurs. Ils n’avaient d’abord rien pris, mais Jésus leur a dit de jeter à nouveau leurs filets. Et voilà qu’il y a trop de poissons. Jésus va de la foule aux filets qui craquent ; il captive et il capture, montrant ainsi que la Parole proclamée peut entraîner les hommes dans les filets de Dieu.

Pierre se sent coupable d’avoir ramené trop de poissons. Il est effrayé par la surpêche. Il n’a pas fait attention ; dans un premier temps il a voulu ramasser le plus possible, et ensuite il s’est rendu compte que l’abondance ne servait à rien et risquait même de l’engloutir, lui et ses compagnons. L’abondance n’est pas une fin en soi.

À la fin de l’histoire, Jésus dit à Pierre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu auras à prendre vivants. » Analogie entre les poissons pris dans les filets et les hommes pris dans la Parole de Dieu.

Pourquoi ce « sois sans crainte » adressé à Pierre ? Jésus veut-il dire que la nouvelle mission de Pierre ne risquera pas de déclencher des surabondances de personnes prises dans les filets de la Parole ? Il est vrai qu’à notre époque bien des églises et des temples sont assez vides lorsque la Parole de Dieu est annoncée. Nous ne craignons plus la surabondance de chrétiens pris dans les filets de Dieu.

Mais les évangiles font état d’une autre atmosphère. Ils nous montrent au contraire un Jésus qui attire les foules, au point qu’il doit souvent, comme dans notre récit, prendre le large en se réfugiant dans une barque. Lors de la « multiplication des pains », ils étaient 5000 hommes à écouter Jésus, sans compter les femmes et les enfants !

Cette expression « Parole de Dieu » est assez rare dans les évangiles, et notre récit est le seul dans lequel celle-ci est nommée et enseignée par Jésus lui-même. Dans tout l’Ancien Testament, et ailleurs dans le Nouveau, les hommes de foi sont invités à écouter la Parole de Dieu et à la mettre en pratique. Exercice difficile qui demande des efforts, une attention constante et beaucoup de bonne volonté.

Dans notre récit, au contraire, Luc compare les poissons saisis dans les filets à la foule saisie par la Parole de Dieu. Tout le monde est pris vivant. La parole est irrésistible. Elle prend la foule sur le vif, comme des poissons dans leurs filets. On aimerait bien savoir ce que Jésus a dit, qui était tellement captivant, envoûtant. On le sait bien d’ailleurs, parce que les évangiles en témoignent : Dieu se rencontre dans la solidarité avec les souffrants. Ce que Luc écrit juste avant ce récit et juste après confirme bien les raisons du succès de la parole de Jésus. Auprès des malades qu’il guérissait et auprès des fatigués qu’il remettait d’aplomb en leur donnant le courage de repartir. Voyons par exemple quelques versets avant l’épisode de cette pêche : « Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades de toutes sortes les lui amenèrent ; et lui, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. » Une parole captivante parce qu’elle est accompagnée des gestes concrets qui remettent sur la route.

Cette Parole de Dieu que Jésus annonce se trouve concentrée dans ce grand discours appelé le Sermon sur la montagne et qui suit justement cette pêche saisissante dans le récit. Il s’agit d’aimer non seulement ses amis, mais aussi ses ennemis, et de ne rien espérer en retour, sauf à devenir les fils du Très Haut.

Parole utopique, parole saisissante, qui réclame une justice au-dessus des lois ordinaires et qui veut nous conduire vers un monde meilleur. N’espérez rien en retour de ce que vous donnez ; vous serez simplement fils du Très Haut, fils de ce Dieu dont la bonté est universelle puisqu’elle va jusqu’aux méchants et aux ingrats. Je vous ferai pêcheurs d’hommes, dit Jésus dans les autres évangiles, capables de captiver les hommes, si vous appartenez à ce Dieu dont la bonté n’a pas de limites.

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À propos Henri Persoz

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est un ingénieur à la retraite. À la fin de sa carrière il a refait des études complètes de théologie, ce qui lui permet de défendre, encore mieux qu’avant, une compréhension très libérale du christianisme.

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