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Une spiritualité écologique

Il y a déjà une cinquantaine d’années que les premiers écologistes ont commencé à proposer d’autres modes de vie moins énergivores, plus respectueux de l’environnement. Mais la situation tend plutôt à s’aggraver !

On entend souvent : « On ne sait plus ce qu’on croit ! » Mais en fait, ce qui est difficile, c’est de croire ce qu’on sait. En particulier dans le domaine de l’écologie.

On sait que notre planète est en train de se réchauffer, on sait que beaucoup d’espèces animales et végétales sont en train de disparaître, que l’explosion de quelques bombes atomiques ou d’un nombre un peu plus grand de centrales nucléaires fait courir un risque à l’existence même de l’humanité, mais on se refuse à le croire, c’est-à-dire à mettre sa vie, et sa politique, en conformité avec ce que l’on sait.

On se rassure en se disant : mais les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux ! Mais si je ne favorise pas la croissance économique, je vais perdre les prochaines élections ! Mais je ne veux pas couper mon chauffage quand il fait froid ! Ou encore : si je renonce à un voyage en avion, qui verra la différence ? Ou plus cyniquement : nous courons dans le mur, mais après tout l’humanité finira bien un jour. Le résultat est que rien ne change à notre style de vie ni aux programmes proposés par les politiques.

Il y en a qui pensent : Dieu empêchera que l’humanité disparaisse. Hélas, ce que nous savons de l’histoire montre que Dieu n’a pas empêché les grandes catastrophes de se produire, que ces grandes catastrophes ont même renforcé la pratique religieuse, par exemple lors des invasions barbares, des guerres, des tremblements de terre.

D’autres chrétiens disent : ce n’est pas en ce Dieu-là que nous croyons. Notre Dieu n’est pas une assurance contre les accidents. Il est celui que nous découvrons au plus profond de nous, un Dieu qui nous appelle à la solidarité, à l’amour du prochain et à la responsabilité.

– Le refus obstiné de croire : le réchauffement climatique n’a pas été confirmé, la science moderne trouvera bien les moyens de corriger les dérives de l’humanité.

– La militance : on manifeste contre les centrales nucléaires, contre la construction de nouveaux aéroports, on quitte son appartement en ville pour aller à la campagne où l’on se chauffe au bois, on cesse de manger de la viande et (surtout !) du poisson. Et on informe. Aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de petits journaux et de sites internet qui tirent la sonnette d’alarme sur la santé de la planète.

Mais tout le monde ne peut pas être militant. En revanche, ceux qui cherchent une spiritualité qui tienne compte de ces certitudes prennent conscience que les êtres humains ne peuvent jouir de leurs droits (civils et politiques, économiques, sociaux et culturels) que s’ils bénéficient de droits environnementaux : ils ont besoin d’eau pure, d’air respirable, de repos, ils doivent ne pas risquer de s’empoisonner avec ce qu’ils mangent, boivent et travaillent (amiante, mercure, uranium, etc.).

Une spiritualité écologique signifie aussi que l’Homme n’est pas la seule créature qui ait des droits. Pourquoi les animaux n’en auraient-ils pas ? Pourquoi la nature serait-elle exploitable sans limite ? Avonsnous un droit de propriété sur la nature non humaine ?

Bien sûr, poser cette question peut nous mettre en conflit avec ceux qui recherchent la croissance économique à n’importe quel prix. Cependant il y a des efforts que chacun peut faire pour approcher d’une spiritualité écologique, et mettre ainsi en accord ce que nous croyons avec ce que nous savons.

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À propos François de Vargas

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ami de Laurent Gagnebin, a fait des études de théologie à Lausanne. Il a travaillé dans diverses ONG (la Cimade, la Déclaration de Berne, Amnesty international, Appartenances). Il a publié Chrétien quand même ? en 2013.

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