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Les mythes des origines

  Le mythe est un récit, de l’ordre de l’imaginaire, ayant pour fonction de représenter ce que la raison demeure impuissante à expliquer. L’existence des mythes est attestée dans toutes les sociétés et beaucoup d’entre eux racontent la création du monde et l’apparition des humains, leurs relations à la nature, l’origine du mal, de la mort, etc.

  Bien que différents les uns des autres, ces mythes sont liés par le retour à un temps primordial. Ils manifestent le désir de connaître le passé originel et nous éclairent sur notre besoin de savoir qui nous sommes réellement et quel sera notre avenir.

  Dans la tradition mythologique du Proche-Orient ancien, les mythes d’origine ont le statut de récits fondateurs. Le poème babylonien de la création, l’Enuma elish, a été écrit pour justifier la suprématie de Marduk sur les autres dieux. Les premières lignes de ce poème offrent un parallèle intéressant avec le début de la Genèse. On y retrouve les mêmes éléments primordiaux : les eaux douces (Apsu) et l’abîme des eaux salées ( Tiamat, cf. l’hébreu tehôm), personnifiées. Puis d’elles naîtront les premiers dieux, jusqu’à la naissance du Ciel, Anu, qui « engendre à son image » le père de Marduk. Avant la création du monde et de l’homme par ce dernier, voilà un processus d’engendrement progressif des éléments cosmiques et des dieux. L’humain, quant à lui, est créé pour libérer les dieux des servitudes de la vie quotidienne.

  Dans une autre civilisation, les Japonais, avec le Kojiki (« Chronique des faits anciens » et texte fondateur du shintoïsme), se donnent une origine divine. La première partie de ce recueil de mythes, de contes et de légendes, se concentre sur les divinités de la création et leurs aventures fantastiques. La plus célèbre est celle d’Amaterasu, la déesse du soleil, qui envoya sur terre son petit-fils pour fonder les prémices de la lignée impériale ; ainsi est établie la légitimité de droit divin de la dynastie.

  Dernier exemple avec une des plus anciennes cultures existant aujourd’hui dans le monde, celle des Aborigènes d’Australie. Dans leurs récits de création, du temps du Rêve, les Ancêtres sont des humains ou des animaux, passant d’une nature à l’autre, dont les aventures font apparaître de nouvelles créatures (plantes, rivières, collines, le soleil…). Les Aborigènes apprennent ainsi que la terre est une personne dont il faut prendre soin, ce qu’ils font de manière exemplaire.

  Le mythe de la création dans la Genèse a donné lieu à de nombreuses réflexions de théologiens, de philosophes et de psychanalystes. S’il faut « démythologiser » ces chapitres de la Genèse, il ne s’agit pas de les supprimer (de « démythifier » la Bible). Ils ne racontent pas des événements réels, mais ils expriment des vérités profondes dont la signification est constitutive de ma foi.

  Alain Houziaux, pasteur ERF, bien connu de nos lecteurs, nous présente ses réflexions sur le mythe d’Adam et Ève.

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À propos Marie-Noële Duchêne

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est enseignant-chercheur retraitée en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, elle s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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