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Le réseau Sea of Faith

Gilles Castelnau présente le mouvement « Sea of faith » (Océan de foi), qui a pris naissance en Angleterre il y a trente ans, et qui cherche à exprimer la foi chrétienne dans un langage moderne accessible à tous. On peut trouver d’autres textes sur ce sujet sur le site de G. Castelnau : http://protestantsdanslaville.org/reseau-liberal-anglophone/ang4.htm

En 1980, le Révérend Don Cupitt, prêtre anglican de Cambridge, fit éclater une bombe dans le ciel britannique en publiant « Taking Leave of God » (« Prendre congé de Dieu ») et en faisant à la BBC six émissions fracassantes sous le titre « Sea of Faith » (Océan de foi).  

  Dans un langage clair et compréhensible par tous, dans la ligne ouverte vingt ans auparavant par le livre Honest to God (Dieu sans Dieu) de l’évêque John Robinson, il mettait en question des affirmations religieuses courantes de l’Église dont il disait que personne, en réalité, n’y croyait plus.  

  Le débat s’est immédiatement enflammé et des groupes de réflexion « Sea of Faith » se sont constitués dans toute l’Angleterre autour de lui, en Nouvelle Zélande avec le professeur Lloyd Geering, en Australie avec Greg Spearritt et ailleurs. Leurs participants se disaient « chrétiens radicaux » et se sont organisés rapidement en réseau avec un comité directeur, un magazine trimestriel, de grandes conférences et aujourd’hui leurs sites internet fleurissent.  

  Les membres de « Sea of Faith » abandonnent l’idée d’un Dieu surnaturel objectivement et réellement présent « là-haut », tel que le décrivaient les traditions classiques, pour regarder ces affirmations comme des manières imagées et symboliques élaborées par l’esprit humain.  

  Ils relancent, en fait, l’antique « querelle des universaux » qui a opposé les « non réalistes nominalistes » aux « réalistes » : dans l’antiquité (Aristote à Platon) et au Moyen Âge (Abélard à Bernard de Clairvaux). Don Cupitt, avec les « non réalistes », dit en effet que les grandes affirmations que l’on peut émettre pour décrire Dieu et le monde de l’au-delà n’ont pas de « réalité » absolue et sont avant tout des abstractions, qui n’ont d’existence que dans l’esprit de celui qui les forme et de ceux qui les admettent.  

  Après tout, dit Don Cupitt, la plupart des gens ne croient plus à l’existence réelle et objective des anges, des démons, du diable et de l’enfer, ni à la description d’un Dieu tout-puissant demeurant au ciel et intervenant de manière souveraine en réponse à nos prières. À l’exception, bien sûr, des fondamentalistes qui croient toujours à la vérité littérale de la Bible, depuis Adam et Ève, le passage de la mer Rouge, Jonas et sa baleine jusqu’à la naissance virginale de Jésus et à son tombeau vide.  

  Les théologiens conservateurs récusent violemment ces affirmations « radicales » qui leur semblent miner la réalité des certitudes religieuses les plus fondamentales. Il ne s’agit pourtant pas de nier l’expérience de la présence de Dieu mais de la comprendre autrement. Il est clair que toute croyance, toute doctrine s’enracine obligatoirement dans le langage d’une communauté humaine, dans la culture d’un groupe donné. Les énoncés religieux sont tous des constructions humaines, aucun ne peut être considéré comme absolu, éternel, universel et infaillible.  

  Ainsi la foi au Christ a été vécue et exprimée dans les structures de pensée et de langage du monde juif du Ier siècle et c’est tout naturellement que l’on a dit de lui qu’il était l’Agneau pascal vainqueur des puissances de la mort, l’Agneau du Yom Kippour qui ôte le péché du monde, le Fils de l’Homme qui viendrait sur les nuées du ciel inaugurer à la fin des temps le Royaume de Dieu selon la prophétie de Daniel, le Serviteur souffrant du Second Ésaïe qui devait souffrir et mourir pour sauver les hommes.  

  Ce langage était évidemment inconnu en dehors de la culture juive et n’était donc ni universel, ni éternel, ni « réaliste ». Il ne doit pas être interprété littéralement.  

  Demandons-nous seulement dans quel langage la même foi au Christ aurait été transcrite si Jésus était apparu au XXe siècle au Royaume Uni et non dans la Palestine du Ier siècle. Nous n’aurions évidemment pas utilisé les images de l’Agneau pascal, de sacrifice du Yom Kippour ou du Fils de l’Homme !

  On peut faire la même remarque à propos des credo de l’Église élaborés aux IIIe et IVe siècles dans le monde hellénistique ; aujourd’hui où nous n’avons plus la notion d’un univers à trois étages, nous ne dirions pas que Jésus est descendu du ciel sur la terre, qu’il est descendu au séjour des morts et qu’il est remonté au ciel. Un tel langage n’a rien d’absolu. Les credo ne fixent pas la vérité immuable de Dieu, ils reflètent seulement l’expérience de cette vérité. On ne peut parler de « réalisme ». Si l’on veut pouvoir dialoguer avec nos contemporains dans le monde post-moderne qui est le nôtre, il nous faut tenir compte de ces évidences.

  Le titre de Sea of Faith (Océan de foi) est une citation d’un poème datant de 1867 où l’auteur, Matthew Arnold, décrivant les falaises blanches de Douvres éclairées par la lune, exprime l’opinion que l’ancien monde surnaturel, habité de divinités et d’esprits, s’enfuit inexorablement.

  L’image de la mer apporte aussi l’image très juste d’un mouvement incessant bien différent de l’ancienne religion fixe et immuable. À l’ancienne image du roc on oppose celle du mouvement des vagues, correspondant avec bonheur à notre époque moderne ou post-moderne.

Choisissez la réponse que vous apportez à chaque question, additionnez les numéros de toutes vos réponses, retenez le total ainsi obtenu.

  À votre avis, Dieu est

1– un Père au ciel

2– la Cause première 3- notre créateur céleste

4– ma préoccupation fondamentale

5– l’idéal suprême

  Par rapport à ce que vous étiez il y a cinq ans, vous êtes aujourd’hui

1– plus sage

2– plus mature

3– moins dispersé

4– quelqu’un qui a cinq d’ans d’expérience de plus

5– complètement différent

  La « foi » est

1– une doctrine

2– une croyance

3– une attitude

4– un assentiment

5– une confiance

  Le dogme le plus vital est

1– la Trinité

2– le ciel et l’enfer

3– la création

4– Dieu est amour

5– l’abandon d’un ego trop personnel

  Après la mort

1- vous irez au ciel

2- vous dormirez jusqu’au Jugement dernier

3– vous vivrez dans la mémoire des autres

4– vous n’en savez rien 5- vous n’existerez plus

  Caractéristique principale de Dieu

1– il sait tout (omniscience)

2– il peut tout (omnipotence)

3– immortel (immortalité)

4– l’Être (existence)

5– il est en tout (omniprésence)

  L’homme de l’Ancien Testament dont vous vous sentez le plus proche

1– Abel

2– Abraham

3– Jacob

4– Jonas

5– Job

  La femme de l’Ancien Testament dont vous vous sentez le plus proche

1– Sara

2– Débora

3– Ruth

4– Esther

5– Agar

  La meilleure définition de la Résurrection

1– Jésus se relève et roule la pierre qui fermait sa tombe

2– Dieu sauve Jésus de la croix

3– Jésus vit aujourd’hui

4– Les disciples de Jésus ont changé leur regard sur sa vie

5– Un nouveau et fantastique niveau d’existence a surgi comme le phénix renaissant de ses cendres.

  La sexualité est

1– le genre

2– l’orientation hétéro ou homosexuelle

3– la capacité de séduire

4– l’unité avec l’autre

5– une force de vie

  La religion unit les hommes comme

1– la vérité (la nôtre) ou l’erreur (le paganisme)

2– une révélation progressive

3– différentes manières de comprendre les mêmes actions de Dieu

4– différentes conception de la même Réalité fondamentale

5– des langages différents dont aucun n’est plus vrai qu’un autre.

Résultat

1-10 : Votre foi est objective et enracinée dans une tradition solide. Vous êtes disciple de Calvin ou de saint Thomas d’Aquin.

11-20 : Vous commencez à ressentir les premiers craquements de votre construction intellectuelle, mais ils ne vous paraissent pas encore inquiétants.

 21-31 : Votre oscillation entre Réalisme et non Réalisme, entre orthodoxie et libéralisme ne durera maintenant plus très longtemps

32-42 : Il est clair que vous êtes un libéral non Réaliste, mais vous craignez encore ce qui vous apparaît une hérésie !

43-55 : Vous avez fait le pas. Vous êtes un excellent libéral non Réaliste. Faites- vous déjà partie du réseau « Sea of Faith »

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À propos Gilles

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a été pasteur à Amsterdam et en Région parisienne. Il s’est toujours intéressé à la présence de l’Évangile aux marges de l’Église. Il anime depuis 17 ans le site Internet Protestants dans la ville.

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