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Le Ciel et la terre

  La religion s’occupe à la fois du ciel et de la terre. […] Toute religion qui fait profession de s’occuper de l’âme des hommes sans s’occuper des taudis auxquels ils sont condamnés, des conditions économiques qui les étranglent et des conditions sociales qui les mutilent est une religion aussi stérile que la p oussière.

A. Martin Luther King, dans Coretta Scott King, Ma vie avec Martin Luther King, Paris, Stock, 1970, p. 126.

  À ceux qui connaissent l’engagement dans l’action, il faut la prière. À ceux qui connaissent la prière, il faut l’engagement. Tâchez de vivre vos conversions personnelles, individuelles, mais sans oublier qu’il y a aussi un péché social qui exige une reconversion sociale. La violence, le terrorisme, c’est quelque chose d’affreux. Mais nous n’avons pas le droit d’oublier que la violence mère de toutes les violences, la violence numéro un, ce sont les injustices qui écrasent plus des deux tiers de l’humanité. La guerre la plus sanglante , c’est la misèr e. Mais quand on se plonge dans l’Eucharistie, quand on boit, quand on mange la Parole du Seigneur, on découvre aussi que là où il y a une créature humaine qui souffre, c’est le Christ vivant qui souffre. Là où il y a une créature écrasée, c’est le Christ qui est écrasé. L’Esprit Saint désire que nous, les chrétiens, surpassions les divisions ridicules comme les étiquettes de conservateurs et de progressistes, de verticalistes et d’horizontalistes, de priants et d’engagés.

  B. Dom Helder Camara, Cahier de la Réconciliation no 1/2, 2000.

  Au coeur du culte chrétien ce souci de l’homme est si formellement inscrit que le repas du Seigneur n’aurait plus aucun sens s’il n’était cautionné, au moins dans le secret de quelques âmes, par cet amour sans frontière et sans partialité, qui valait à l’Église, dans le lyrisme johannique d’Ignace d’Antioche [Évêque d’Antioche et martyr mort à Rome v. 107. ndlr], le titre si émouvant d’Agapè (L’Amour) et qui exige que nous partagions notre pain avec tous les hommes et tous les peuples – en étant les premiers à réclamer et à proposer les réformes économiques, démographiques et techniques indispensables à une juste circulation des biens – pour participer sans sacrilège à la fraction du pain, où le Seigneur veut nous rassembler tous comme un seul corps sous un seul Chef. 

C. Maurice Zundel, Morale et mystique, Paris, Desclée de Brouwer, 1962, p. 126.

  Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit « Ceci est mon corps » est le même qui a dit : « Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri. » Quelle utilité à ce que la table du Christ soit chargée de coupes d’or, quand il meurt de faim ? Rassasie d’abord l’affamé et orne ensuite sa table. Tu fabriques une coupe d’or et tu ne donnes pas une coupe d’eau. En ornant sa maison, veille à ne pas mépriser ton frère affligé : car ce temple-ci est plus précieux que celui-là. […]

  Qui pratique l’aumône exerce une fonction sacerdotale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est constitué par les propres membres du Christ. Et le corps du Seigneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l’autel de pierre où tu célèbres le saint sacrifice. […] Et toi, tu honores l’autel qui reçoit le corps du Christ et tu méprises celui qui est le corps du Christ. Cet autel-là, partout où il t’est possible de le contempler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure, tu peux y célébrer ta liturgie. D. Jean Chrysostome (patriarche de Constantinople né à Antioche, 340-407), Homélie (Matthieu 50 : 3) « Vis corpus Christi honorare ».

 

   D. Jean Chrysostome (patriarche de Constantinople né à Antioche, 340-407), Homélie (Matthieu 50 : 3) « Vis corpus Christi honorare ».

  Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit « Ceci est mon corps » est le même qui a dit : « Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri. » Quelle utilité à ce que la table du Christ soit chargée de coupes d’or, quand il meurt de faim ? Rassasie d’abord l’affamé et orne ensuite sa table. Tu fabriques une coupe d’or et tu ne donnes pas une coupe d’eau. En ornant sa maison, veille à ne pas mépriser ton frère affligé : car ce temple-ci est plus précieux que celui-là. […]

  Qui pratique l’aumône exerce une fonction sacerdotale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est constitué par les propres membres du Christ. Et le corps du Seigneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l’autel de pierre où tu célèbres le saint sacrifice. […] Et toi, tu honores l’autel qui reçoit le corps du Christ et tu méprises celui qui est le corps du Christ. Cet autel-là, partout où il t’est possible de le contempler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure, tu peux y célébrer ta liturgie.

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