Accueil / Journal / J’ai dû me perdre quelque part…

J’ai dû me perdre quelque part…

Les portes étaient trop grandes ouvertes ;

trop d’inconnus, de trop connus ont mangé mon espace ;

je n’avais plus de place et ne me trouvais plus,

sinon quelques lambeaux de moi éparpillés.

Ou j’avais trop fermé mes portes intérieures,

je n’apercevais plus dans les fonds boueux de mon être

que restes racornis de promesses enfouies.

J’ai dû me perdre quelque part…

bousculé dans les courants qui traînent,

ou rétracté pour éviter le vent.

Mais une voix me parle encore :

souviens-toi, tu es chemin ouvert à l’infini,

champ de semences en attente de printemps ;

tu es voyage, germination, enfantement.

Ce qui te fait toi, ce n’est pas un trésor figé

qu’il faudrait abriter de ce qui le menace.

C’est ce mouvement sans fin, cette force vive,

où jamais rien ne se perd,

qui grandit et s’épanouit de traverser le temps.

C’est cette force d’amour qui lie tout, qui te fait unique,

qui te lance vers l’avenir.

C’est cette voix qui t’appelle et ne se lasse jamais,

et que parfois tu nommes Dieu.

Don

Pour faire un don, suivez ce lien

À propos Jacques Juillard

est pasteur de l’Église protestante unie de France, en retraite, mais en addiction persistante à creuser l’insondable. Prix Évangile et Liberté 2011.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.