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Évangile et liberté franco-suisse : déjà la cinquième année !

Il y a cinq ans, le mensuel suisse romand Le Protestant et Évangile et liberté se rejoignaient pour ne plus faire qu’un seul mensuel.

  Le Protestant, mensuel suisse romand, est paru pour la dernière fois sous ce titre en novembredécembre 2008 ; dès janvier 2009, sa rédaction a été intégrée dans celle d’Évangile et liberté.

  Le Protestant en question ne doit pas être confondu avec son homonyme français dont la fusion avec La Vie Nouvelle, en 1913, a donné naissance à Évangile et liberté. Au XIXe siècle et au début du XXe, cette homonymie n’avait rien d’étonnant : on la retrouve à cette époque en plusieurs régions d’Europe pour désigner des publications se proposant de ne plus simplement reprendre à leur compte les enseignements de la Réforme, mais de s’inscrire dans la perspective du néo-protestantisme, c’est-à-dire de tout le mouvement qui, par fidélité à l’esprit de la Réforme, s’est attaché à conjoindre étroitement, comme ici même, l’Évangile et la liberté.

  Le Protestant avait été fondé à Genève en 1831 sous la houlette du pasteur et professeur Jean-Jacques Caton Chenevière pour faire pièce au doctrinarisme revivaliste qui menaçait de restreindre à la fois la liberté doctrinale et le multitudinisme de l’Église dite « nationale » – un adjectif sans connotation nationaliste. Chenevière en avait fait l’équivalent d’une revue théologique dont les collaborateurs ne se contentaient pas de chercher à endiguer l’offensive revivaliste, mais s’efforçaient de développer dans une perspective délibérément libérale et sous une forme largement accessible les grands thèmes de la pensée chrétienne.

  Le Protestant de Genève, car tel fut son titre jusqu’en 1947, était devenu au fil des ans un bulletin qui ne payait pas de mine. En 1948, une équipe de laïcs décidés à défendre contre les milieux barthiens et confessants le caractère « ouvert » de l’Église nationale protestante de Genève décida de ne plus l’appeler que Le Protestant et de lui conférer le format, l’allure et le mordant d’un véritable « journal ». En 1965, la publication est devenue carrément romande avec l’arrivée dans son équipe rédactionnelle de plusieurs pasteurs libéraux du canton de Vaud qui entendaient défendre la légitimité d’une théologie ouverte et d’une conception non épiscopale des institutions ecclésiastiques. Ils tenaient en particulier pour urgent de faire pièce aux tenants du mouvement « Église et liturgie » qui entendaient mettre l’Église vaudoise au pas de l’idée un peu romanisante qu’ils se faisaient de la liturgie, de la discipline, de la rigueur doctrinale.

  Le Protestant a pu compter sur l’intelligence et l’engagement sans faille d’un homme qui en a été pendant des décennies la colonne vertébrale : Ferdinand Cusin (1915-2007), entré tout jeune comme apprenti de bureau dans l’administration cantonale genevoise et devenu au fil des années l’un des plus hauts fonctionnaires de cette administration. En 1965, il avait repris au pied levé, sur son temps libre, la rédaction du journal. Ensuite il n’a jamais cessé de veiller, jusque peu avant sa mort, aux destinées matérielles et rédactionnelles du journal. Il était de ces laïcs qui ne cessent de penser et repenser leur christianisme, ce qui l’incitait à réagir vivement et intelligemment à certains articles, à en écrire d’autres, ou à participer par exemple régulièrement, en compagnie de sa femme, aux Journées libérales de Sète, puis d’Agde (il n’était plus en mesure d’entreprendre le voyage quand elles ont été transférées à La Grande Motte).

  Des difficultés de gestion et de rédaction ont conduit à la fin de 2008 à mettre en oeuvre une solution déjà souvent évoquée au gré des nombreuses rencontres amicales qui avaient lieu depuis longtemps entre des collaborateurs du Protestant et d’Évangile et liberté : une fusion des deux publications, mais en conservant le titre de la publication française. Des plumes suisses y côtoient désormais régulièrement des plumes françaises, et des protestants libéraux des deux pays siègent ensemble au comité de rédaction. La partie semble gagnée, mais reste toujours à reconquérir !

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À propos Bernard Reymond

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né à Lausanne, a été pasteur à Paris (Oratoire), puis dans le canton de Vaud. Professeur honoraire (émérite) depuis 1998, il est particulièrement intéressé par la relation entre les arts et la religion.

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