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La communauté de Bose, monastère mixte et œcuménique

 

C’est l’histoire d’une rencontre avec Enzo Bianchi, fondateur de la communauté de Bose en Italie. Alexis Jenni est romancier, prix Goncourt en 2011, Nathalie Sarthou-Lajus est rédactrice en chef adjointe de la revue jésuite Études ; tous deux se sont rendus à Bose « vivre une vie chrétienne » – selon les mots de l’abbé Pierre à la fin des années 1960 – après avoir été frappés par les mots d’Enzo Bianchi lors d’une conférence à Paris en 2015.

Il en ressort un récit sensible, marqué par la personnalité si charismatique d’Enzo Bianchi, ce que je partage pour l’avoir moi-même écouté et rencontré. L’histoire de la communauté de Bose s’inscrit dans les évolutions religieuses des 50 dernières années. D’abord utopie communautaire, le projet dure dans le temps et attire – 75 personnes y vivent actuellement –, la vie s’organise en maintenant les fondamentaux : une règle simple pour une vie simple, mixité, œcuménisme, lecture de la Bible et liturgie quotidiennes, travaux manuels, hospitalité.

La communauté de Bose représente un beau témoignage chrétien, bien sûr largement diffusé au-delà de ses murs par Enzo Bianchi qui a beaucoup écrit et voyagé. Nos lecteurs pourront largement se retrouver dans la « grammaire de l’humain » qui caractérise la théologie de Bose : « un processus d’humanisation qui mène à Dieu », à travers un art de vivre, l’écoute de la Parole, le lien avec les autres, la redécouverte de nos sens, dont le goût car la table du monastère est réputée ! Il n’y a qu’à écouter les reproches adressés à cet étrange monastère, étrange dans le paysage religieux traditionnel, pour être convaincu de son intérêt : presque humaniste athée, trop éloigné des dogmes de l’Église catholique, mixte et ouvert aux autres confessions, proche d’une interprétation protestante des Écritures, trop créatif, bref trop libre. C’est justement la force de la communauté de Bose, cette liberté, ce souffle qui ont créé une vie commune « sans faire du célibat la meilleure voie pour vivre une vocation », une liturgie propre imprégnée des cultures catholique, orientale et protestante, et qui ont fait d’une pauvre ferme un monastère prospère partagé.

Alexis Jenni, Nathalie Sarthou-Lajus, Une vie simple, Paris, Albin Michel, 2017, 203 pages.

 

À propos Olivier Guivarch

est secrétaire national d’une fédération syndicale de salariés, après avoir étudié la théologie protestante et exercé le métier de libraire. Il participe au comité de rédaction depuis 2004.

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