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DE PROFUNDIS… JAILLIRA LA LUMIERE

J’aime le cinéma : Plaisir et nourriture pour l’âme et l’esprit. Cette remarque peut sembler facilement compréhensible quand on évoque certains films. Des bons sentiments, une approche humaniste, des questionnements spirituels et une œuvre artistique de qualité… voilà des ingrédients qui semblent prometteurs pour une recette permettant de combiner ces deux objectifs. Ce sont par ailleurs des critères fondamentaux de choix dans le travail d’un Jury œcuménique. Mais, personnellement, j’ai une certaine préférence quand la matière brute semble plus compliquée, sombre voir ténébreuse et avec certaines aspérités parfois même dérangeantes. C’est là que parfois, finalement, à la façon du Psaume 130… des lieux profonds, surgit une forme de lueur prenant l’apparence d’une espérance rendue possible. Et ça, ça me parle !

 

Ce ressenti fut précisément le mien en découvrant le travail de Danny Boyle qui, vingt ans après, réunit toute l’équipe de Trainspotting et imagine les retrouvailles de ses personnages devenus cultes pour toute une génération. Trainspotting, c’est un peu le parangon du cinéma rock’n roll des années 90 mais c’est aussi une comédie noire sur la misère sociale d’une génération de jeunes écossais qui fait de la drogue son échappatoire. Du Ken Loach déjanté et décapant pour faire plus simple.

 

Synopsis : Mark revient à Edimbourg, alors qu’il n’y avait plus mis les pieds depuis vingt ans. Il y retrouve Spud et Sick Boy, ses amis d’enfance, mais la rancœur de sa trahison va compliquer ces retrouvailles. Au même moment, Begbie, qui n’est pas prêt de lui pardonner, s’évade de prison.

 

Avec T2 Trainspotting, la mélancolie inonde nos chers « ex-plusoumoins-junkies » désormais quadragénaires. Et le coup de génie de Danny Boyle est sans doute d’en faire la principale dynamique émotionnelle du film. Mais, en dépit de ce doux spleen des retrouvailles, l’humour et le borderline sont toujours omniprésents. Cet ensemble donne un sentiment de décalage pour le moins ambivalent à l’énergie et au discours transgressif comme on n’en voit rarement de nos jours.  Et au cœur de cette mise en scène, de cette histoire glauque… jaillit constamment des lueurs éclairantes et inspirantes. Sens de la vie, de la réussite… peur de la maturité… résultantes de nos choix… dénonciation d’un monde moderne de consommation aliénante (on notera là une déclinaison du monologue « choose life » qui a vocation à devenir tout aussi culte que le premier)…valeur de l’amitié, de la fidélité… résilience et force des mots ou plutôt de l’écriture. Tant de thèmes qui, indirectement, sont là dans les pérégrinations absurdes de nos compères rock’n roll. Philosopher avec Spud, qui l’eut cru ? Et pourquoi ne pas aller jusqu’à nourrir son âme et sa foi de l’histoire et de la vie de Mark ?

 

Enfin, comment ne pas évoquer la musique incontournable d’un film comme celui-là. B.O. qui, déjà il y a vingt ans, était entrée dans la légende. On découvre dans T2 que le fameux Lust For Life d’Iggy Pop est également de retour dans une version remixée par Prodigy, alors que Queen, Blondie, Run-DMC et The Clash sont appelés à la rescousse pour compléter ce qui s’apparente à un nouveau Hall Of Fame. Mais Danny offre aussi la place à une nouvelle génération d’artistes alternatifs avec les brillants rappeurs écossais de Young Fathers, les rockeurs anglais de Wolf Alice et ceux de Fat White Family. Le compte est bon ! Nos oreilles et notre rythme cardiaque seront gâtés pour ajouter un rayon de lumière supplémentaire à tous ceux déjà brillants.

 

T2 Trainspotting

Film britannique de Danny Boyle

Avec Ewan McGregor, EwenBremmer, Johnny Lee Miller

Sortie le 01/03/2017

Sony Pictures Releasing France

À propos Jean-Luc Gadreau

Pasteur, artiste, auteur, blogueur. Attaché de presse du Jury œcuménique au Festival de Cannes.

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