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Les affaires et les programmes

La campagne électorale actuelle ressemble à ces feuilletons où, à un rythme soutenu, se succèdent des épisodes dont chacun apporte des rebondissements et où s’affrontent des personnages bien typés. Elle évoque aussi la tragédie grecque dont les héros se débattent avec un destin qui les accable ou les favorise, tandis que les chœurs, tels les journalistes des plateaux de télévision, se répandent en commentaires.

Beaucoup déplorent que les affaires éclipsent les programmes et que l’intrigue l’emporte sur les débats de fond. Ils ont raison. Dans une démocratie, le moment de l’élection inaugure une durée, celle d’un mandat, et il s’agit bien de décider ce qu’on va faire. Et pourtant, ils ont tort. À côté de leurs idées et de leurs propositions, le caractère des futurs dirigeants, leur éthique et leurs capacités comptent. En votant, on approuve un projet ; on fait aussi confiance à quelqu’un. Les réactions d’un candidat dans une campagne difficile permettent de jauger une aptitude à diriger qui a d’autant plus d’importance que les circonstances l’obligeront à moduler ou à adapter le projet. La campagne porte tout autant sur les personnes en présence que sur les programmes présentés.

Devant les « affaires » qui envahissent la campagne, ne faisons pas trop vite les dégoutés ; d’une part, elles traduisent un souci de moralité plus fort que naguère ; d’autre part, elles éclairent sur ce que les programmes ne disent pas : sur la personnalité des candidats.

 

 

À propos André Gounelle

est pasteur, professeur honoraire de l’Institut Protestant de Théologie (Montpellier), auteur de nombreux livres, collaborateur depuis 50 ans d’Évangile et liberté.

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