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Méditation : une pratique du corps en vue de l’esprit

 

Vélo avec un ornement bouddhiste dans la Rue des Archives à Pékin. © Photo Filip Noubel.

Dans notre monde agité et bruyant, lorsque l’on pénètre dans un dojo, salle fraîche et aérée, on voit des personnes assises sur un « zafou », coussin rond et noir ou sur un petit banc, pieds croisés, les jambes en appui stable au sol en position de lotus. Le dos est droit, la nuque dégagée, les bras souples, la main gauche posée sur la paume droite, le regard posé en oblique devant soi. C’est le silence, presque complet : les bruits du lieu s’entendent mais ceux qui méditent n’y prêtent pas attention. Chacun garde l’immobilité sans crispation, à peine une épaule se détend-elle et s’abaisse-t-elle. Le temps s’écoule. Le gong retentit. Lentement, chacun joint les mains au niveau du plexus, s’incline, étire ses jambes, se lève au coup de claquoir. Suivant le rituel Zen, une marche lente, concentrée (le pied se déroule, insistant sur l’appui) alterne avec les périodes d’assise. En sesshin, stage de cinq jours au moins, les périodes de méditation totalisent six heures quotidiennes d’un exercice exigeant. Une composition florale, une bougie, une image ou un élément minéral orne souvent le centre du dojo.

Pour parler de la méditation on décrit une pratique faite d’un moment relativement immobile, en silence à quelques variantes près. Une pratique du « rien faire » apparent. Que comprendre de cette praxis de plus en plus fréquente pour nos contemporains urbains et stressés ? Au-delà de la praxis observable s’agit-il d’une mode ? D’une thérapie ? D’une pratique religieuse ? D’une recherche spirituelle ? Le dossier de Frédéric Fournier présente des objectifs diversifiés suivant les groupes de méditation. « Objectifs », terme impropre, on devrait parler des « attentes » ou a posteriori des « effets » de la méditation. L’auteur du dossier renseigne sur les particularismes, suivant les groupes, de la méditation Zen à celle dite « transcendantale », de la méditation chrétienne à celle au joli nom de Vipassana.

Au-delà des variantes, l’auteur du dossier s’interroge sur les origines de la pratique, l’apport est-il de l’Extrême- Orient, de l’Inde, du Japon ? Le rédacteur parcourt la richesse de notre culture chrétienne pour y découvrir un héritage qu’il fait remonter à Jean Cassien, suivi par les Chartreux ou la mystique rhénane, ou encore les Quakers. S’agit-il seulement d’inculturation ou aussi de retrouvailles avec notre patrimoine ?

Enfin, le dossier interroge le lecteur sur l’enjeu et la force de vie de cette pratique du corps pour grandir en esprit, en spiritualité. Le protestantisme peut-il penser un « christianisme intérieur » comme une « voie nouvelle », pour reprendre le titre d’un livre de Gérard Fomerand, tenant plus compte de la personne dans sa globalité corps et esprit ?

À lire l’article de Frédéric Fournier ” La méditation “

À propos Michèle Pourteau

a été enseignante en IUFM pour la formation des professeurs des écoles. À la retraite, elle poursuit des activités de formation, que ce soit au Bénin à Songhaï, centre de formation agricole pour l’élaboration des projets d’entreprise des agriculteurs, ou dans le cadre d’une université de théologie en ligne (domuni.org).

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