Accueil / Journal / Dieu sans Dieu, de John Robinson

Dieu sans Dieu, de John Robinson

284-20Souvenons-nous qu’en 1963 – un demi-siècle déjà ! – une bombe théologique a secoué l’Angleterre puis le reste du monde, lorsque John A. T. Robinson, évêque anglican de Woolwich, a publié le livre Honest to God, rapidement traduit en français sous le titre Dieu sans Dieu. Un million d’exemplaires en ont été vendus en moins de 4 ans, des groupes de discussion l’ont étudié et commenté avec surprise et passion, ainsi que La Différence du chrétien d’aujourd’hui qui a suivi peu après. Avec aussi un enthousiasme libérateur pour beaucoup de chrétiens qui commençaient – et le mouvement n’a fait que s’amplifier considérablement jusqu’à aujourd’hui – à ne plus pouvoir adhérer à la prédication traditionnelle des pasteurs et des prêtres.

Robinson n’était pas lui-même un théologien novateur mais il était un bon évêque, sensible à la désaffection croissante de ses paroissiens et un brillant vulgarisateur capable d’expliquer et de répercuter la pensée qui naissait dans le monde protestant de l’époque.

•Dieu n’est pas un vieillard dans le ciel, un Être demeurant « là-haut » et intervenant pour modifier la vie du monde selon sa volonté, en réponse aux prières qui lui sont adressées.

« Je partage les sentiments de ceux qui se disent athées. Car le Dieu qu’ils rejettent, celui en qui ils trouvent, en toute honnêteté, impossible de croire, n’est que trop souvent une image de Dieu ; non pas Dieu lui-même, mais une façon de le concevoir qui s’est muée en idole. »

• Dieu n’est pas « là-haut ». Robinson cite (page 31) Paul Tillich qui disait que Dieu est la profondeur de l’être : « Si vous savez que le mot “Dieu” veut dire “profondeur”, vous savez beaucoup sur lui. » Il ne faut donc pas élever les regards vers le ciel mais les plonger au plus profond de nous-mêmes car c’est là qu’est Dieu. Dieu est le fondement de notre être.

• Pas de surnaturel. Rudolf Bultmann (page 46) disait qu’il ne faut pas prendre à la lettre le langage mythologique du Nouveau Testament qui présente le ministère du Christ comme un événement surnaturel, l’incarnation d’un Être céleste venu de « l’autre côté » par une naissance miraculeuse, qui accomplit des signes et des merveilles comme une indication de son origine, et après une résurrection également miraculeuse retourne par ascension à la sphère céleste d’où il venait. Ce langage, dit Bultmann, ne veut qu’exprimer dans sa profondeur l’événement historique de Jésus-Christ.

• Le but du culte (page 115) n’est pas de se retirer du profane dans le « religieux », ni de s’échapper de « ce monde » dans « l’autre monde », mais de s’ouvrir à la rencontre du Christ dans le commun, de s’ouvrir à ce qui a le pouvoir d’en percer l’écorce superficielle et de le racheter de son aliénation. La fonction du culte est de nous rendre plus sensible à ces profondeurs ; de mettre au point, d’affiner, d’approfondir notre réaction face au monde et aux autres, au-delà de l’immédiat (goût personnel, intérêt, préoccupation, etc.) jusqu’à l’ultime ; de purifier et corriger nos attachements à la lumière de l’amour du Christ ; et, en lui, de trouver la grâce et la force de devenir la communauté réconciliée et réconciliante.

• La nouvelle morale. Les préceptes moraux (page 144) de Jésus ne sont pas faits pour être compris selon un point de vue légaliste, prescrivant ce que tout chrétien doit faire quelles que soient les circonstances. Ce sont des illustrations de ce que l’amour peut être amené à demander à chacun à tous moments […] le seul mal intrinsèque est le manque d’amour.

Don

Pour faire un don, suivez ce lien

À propos Gilles Castelnau

Avatar
a été pasteur de paroisse à Amsterdam et en Région parisienne. Il s’est toujours intéressé à la présence de l’Évangile aux marges de l’Église : aumôneries militaires, de prison, universitaires, Croix Bleue. Il anime depuis 17 ans le site Internet Protestants dans la ville.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.