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Culture de classe

Il y a toujours foule à ces expositions de peinture au Grand Palais ou à l’Orangerie du Luxembourg ou ailleurs. Une fois péniblement entré, il faut encore slalomer pour apercevoir quelques tableaux. Pas besoin de lire les titres qui sont placés trop bas et qui de toute façon ne disent rien de plus que ce que l’on voit. C’est du genre « Femme dans sa baignoire » – on le voit bien – ou « Les joueurs de cartes » – on le voit bien – ou encore « Gondoles sur la lagune ». Il est toujours intéressant de regarder non seulement les tableaux, mais aussi les gens qui les regardent. C’est toute une classe de la population qui s’expose ainsi, pas très jeune, mais plutôt bien habillée. Certaines scènes sont touchantes. Ces pères qui expliquent à leur fils comment le peintre s’y est pris pour obtenir tel ou tel effet. Certains écoutent avec un grand respect, d’autres sont plus intéressés par leur iPhone qui n’arrête pas de fonctionner. Et ces deux jeunes filles collées l’une à l’autre, comme des sœurs siamoises, parce qu’elles écoutent les explications sur un seul audio-guide.

 Tout d’un coup je fais une découverte : il n’y a que des blancs dans ces salles (en englobant dans ce vocable les asiatiques). Où sont donc passés tous ces gens de couleur qui nous sont si familiers dans le métro parisien ou sur le trottoir ? Ils viennent en France, pas toujours bien accueillis, ils peinent à gagner leur vie, et apparemment bien peu parviennent à s’intéresser à la peinture. Une culture de classe, en quelque sorte qui se poursuit avec l’immigration. Ah mais si,… j’avais mal regardé. Il y a dans le coin de chaque salle, assise sur une chaise, une personne de couleur censée surveiller que les blancs se comportent convenablement. Notre société n’est pas encore trop égalitaire. Elle réserve les beaux-arts à une certaine élite et la surveillance de l’élite aux gens venus d’ailleurs. Combien de temps s’écoulera-t-il encore avant que le mixage des peuples au Grand Palais soit comparable à celui du métro ?

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À propos Henri Persoz

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est un ingénieur à la retraite. À la fin de sa carrière il a refait des études complètes de théologie, ce qui lui permet de défendre, encore mieux qu’avant, une compréhension très libérale du christianisme.

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