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Souffrance à l’hôpital

   Trois jours et quatre nuits à l’hôpital pour une opération banale. Rien de grave ; rien de vraiment douloureux. En bon protestant économe, j’avais pris une chambre double. Pas la peine de perdre 560 € (supplément chambre simple) pour presque rien.

   Mon compagnon de chambre est gentil et nous faisons connaissance. Nous appartenons à des univers bien différents, mais cela est intéressant. Il a branché des écouteurs à un petit poste de radio, ou à un MP 3, je ne sais.

   Son fils arrive : « Comment ? Tu n’as pas la télé ? C’est ridicule, tu ne peux pas rester plusieurs jours comme cela. Je t’offre la télévision ! » Aussi tôt dit, aussi tôt fait, sans me demander mon avis évidemment. À partir de ce moment, c’est la télé non-stop. Pas forcément pour suivre une émission, mais pour meubler le vide, ne pas se sentir seul, calmer l’angoisse de l’opération à venir. Pendant que mon voisin reçoit ses deux fils, et leur parle fort pour couvrir le bruit de la télé. Je suggère de couper l’appareil. La réponse est non, car, tout en parlant à ses fils, il écoute l’émission.

   Le jour de son opération, j’espérais être un peu tranquille. Mais non ; il remonte de la salle de réveil à 12 h et branche l’engin à 12 h 15 ! Je lui offre la location d’écouteurs. Refus. Si je n’aime pas la télé, il me fallait demander une chambre simple.

   Le dernier jour, nous nous expliquons, amicalement, car il est gentil mon compagnon de chambre. Il me trouve vraiment bizarre : comment puis-je vivre chez moi sans écouter la télé ? Je lui explique surtout qu’il appartient au gêneur de faire l’effort de supprimer la gêne qu’il crée. Il est tout à fait d’accord. Mais pour lui, le gêneur c’est moi ; puisque, en raison de mon aversion pour la télé, je voudrais empêcher les autres de vivre normalement !

   Quelle souffrance l’hôpital ! Heureusement, les trois jours sont passés.

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À propos Henri Persoz

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est un ingénieur à la retraite. À la fin de sa carrière il a refait des études complètes de théologie, ce qui lui permet de défendre, encore mieux qu’avant, une compréhension très libérale du christianisme.

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