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Leadership éthique et fin de la pauvreté

Pour vaincre la corruption, les bons sentiments ne suffisent certainement pas. L’honnêteté doit être partout, et d’abord dans les pays riches à forte proportion de chrétiens, et leurs entreprises !

  Nous savons ce que nous pouvons faire pour les pauvres, mais les discussions sur la bonne gouvernance nous laissent souvent indifférents ou avec un sentiment d’impuissance. Les débats sur la corruption sont techniques et semblent bien éloignés de nos préoccupations quotidiennes. Fondamentalement, la bonne gouvernance concerne autant des « moyens justes » que des « fins justes ». Et cela est l’affaire de tous.

  En 2010, la Banque Mondiale a mis en relief les graves effets de la corruption silencieuse sur les plus pauvres : pots-de-vin, réglementations insuffisantes et services de mauvaise qualité. Une conversation mondiale sur le leadership éthique et l’intégrité nous aiderait à changer de discours sur la corruption en reconnaissant que très peu de pays sont épargnés par ce problème.

  Les chrétiens du XXIe siècle ont une formidable opportunité : celle de prendre parti pour Jésus dans l’intérêt des pauvres. Et c’est ce que nous devrions faire parce que nous suivons Jésus qui s’est entièrement plongé dans les réalités, à la fois des pauvres, des captifs, des aveugles, des opprimés. Mais bien souvent, nous sommes nous-mêmes le plus grand obstacle à une action chrétienne contre la corruption.

  L’Église

  Comme le dit la Bible, le jugement commence par la maison de Dieu. Notre point de départ devrait être un examen critique de nos propres attitudes. L’intégrité est un défi pour l’Église avant même que nous ne parlions à qui que ce soit. Seule une Église transformée est capable d’être un agent de transformation. La lumière brille mieux quand nos fenêtres sont propres.

  L’index de corruption (Transparence Internationale) nous montre que les pays à fortes communautés chrétiennes ne sont pas en reste : le coût de la criminalité ecclésiastique a explosé de 300 000 dollars en 1900 à 32 milliards en 2010. Des constatations de ce genre bâillonnent l’Évangile.

  Le monde des affaires

  L’expansion des entreprises a permis de sortir de la pauvreté des millions de gens. Nous devons nous réjouir de ces succès. Cependant, la création de richesses ne peut pas remplacer la justice sociale et l’équité, parce que même dans les pays développés, l’écart entre riches et pauvres s’accroît.

  Des entreprises portent une lourde responsabi-lité dans les pratiques commerciales qui continuent d’opprimer les plus pauvres. La Bible est remplie de références relatives au commerce malhonnête et à la préoccupation de Dieu pour les « poids justes ». Mais nous, chrétiens, avons peu réfléchi sur la façon dont les valeurs du Royaume, d’intégrité et de transparence, peuvent être traduites dans le monde des affaires.

  Les affaires politiques

  Proclamer la bonté de Dieu fait partie intégrante de notre mission pour que nos contemporains comprennent qu’un Dieu juste peut être bon. C’est ce qui donne un sens au proverbe biblique : « Le poids et la balance justes sont à l’Éternel ; tous les poids du sac sont son ouvrage. » (Pr 16,11) Dieu ne nous a pas donné pour mandat d’être muets. De même, nous ne devons pas nous contenter de prier pour les gouvernements ; il faut aussi des dirigeants chrétiens qui ont la passion et les compétences pour modeler nos politiques. Selon les mots de Goodwill Shana (pasteur au Zimbabwe) : « Les hommes politiques chrétiens sont surestimés si tout ce qu’ils ont à offrir est l’intégrité et l’éthique. Ils doivent plutôt permettre la socialisation et l’institutionnalisation des valeurs éthiques. » C’est ce qu’ont fait Joseph, Esther et Daniel.

  Ce type de témoignage ne remplacera jamais la proclamation puissante du salut, mais il dénonce un type de péché qui écrase les pauvres. Les conversations et actions, aussi petites soient-elles, sont une réponse vitale à la douleur des plus démunis. Pour relever le défi de la corruption, il faut aller au-delà des discours : la confrontation au problème de la corruption doit amplifier nos bonnes actions en limitant les comportements malhonnêtes qui transforment les faibles en proie.

  Qui dit bonne gouvernance dit aussi bonne nouvelle pour les pauvres.

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