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Le football et les transferts

Le sport en général, et le football en particulier, sont des activités qui brassent des sommes d’argent colossales, souvent critiquées. Mais ces dérives sont peut-être moins fréquentes que l’on pense, et certains joueurs s’efforcent d’y résister.

Montré du doigt depuis plusieurs années pour ses dérives financières, le milieu du football a encore été la cible des critiques l’été dernier. En pleine crise financière, l’explosion des records des transferts de joueurs est perçue comme le signe d’un sport gangrené par l’argent. Pourtant, ces pratiques ne datent pas d’aujourd’hui et sont loin de faire l’unanimité chez les acteurs du monde du football.

  Chaque année, la période estivale correspond au repos entre deux saisons. Mais c’est aussi une période où les clubs recherchent de nouveaux joueurs, afin de renforcer leur effectif. Les transferts sont une tradition qui remonte aux Jeux Olympiques antiques. On trouve, dès 484 après J-C, la trace d’un changement de ville d’Astylos de Crotone, sextuple champion olympique de course à pied, qui céda à l’appel de Syracuse.

  Cette année, dans un contexte de crise internationale, les records financiers sont tombés. Pour les voir, il faut surtout regarder du côté de l’Espagne où le Real Madrid et Barcelone ont acheté à grands frais (250 millions d’euros pour le Real) les stars du ballon rond. Avec, à la clef, un nouveau record pour le transfert du Portugais Cristiano Ronaldo : 93 millions d’euros.

   Face à ces dérives, Michel Platini, président de l’UEFA (la direction du football européen), s’est ouvertement prononcé pour la « mise en place d’un système […] d’assainissement des bases financières du football ». Cette idée a été adoptée et sera concrétisée sous la forme d’un contrôle des budgets des clubs, qui interdira notamment les dérives financières à crédit, car ce sont ces dérives qui permettent aux clubs de dépenser sans limites. Ainsi, le Real Madrid a présenté son budget pour la saison, il atteint quasiment 400 millions d’euros, mais dans le même temps son déficit s’élève à 377 millions d’euros. Et même si la France avait montré l’exemple en créant en 1984 la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion des clubs français), les autres pays européens n’avaient, jusqu’à cette année, jamais contrôlé des clubs de football. Chaque année, ces derniers doivent passer devant la commission et présenter leur budget détaillé pour la saison à venir, budget devant respecter des conditions de sûreté sous peine de sanction, allant jusqu’à une rétrogradation, pour le club visé.

  Mais ces mesures ne viennent pas dans un milieu dépourvu d’âme. Si la plupart des gens ont entendu parler de Zidane ou de Ronaldo, ces joueurs n’ont pas été un modèle de fair-play ou le symbole d’un club. Pourtant, aujourd’hui encore, il suffit de regarder le comportement de certains joueurs pour se rendre compte que ces sommes englouties ne sont pas la vitrine d’un sport en décomposition. Le respect du club et des supporters perdure encore chez eux. Par leur attitude consistant à refuser des offres mirobolantes, ou à signer chez un club adverse, ils apportent la preuve de la survie de l’amour du maillot, une notion déclarée morte dans le sport moderne. Le joueur le plus cité dans ce cas se trouve en Angleterre : Steven Gerrard. Formé à Liverpool, il n’a jamais quitté le club de son coeur et compte plus de 500 matchs sous le maillot des « Reds », dont il est maintenant le capitaine emblématique. La rumeur consistant à dire que les grands clubs sont constitués de mercenaires du football est fausse : bien d’autres clubs légendaires comptent des joueurs mythiques dans leurs rangs. Encore récemment, Paolo Maldini vient ainsi de mettre un terme à sa carrière au Milan AC après plus de 800 matchs sous le maillot Rossoneri.

  Décrié à cause du brassage financier qu’il représente, le football est en pleine tentative de renouveau et d’assainissement. Mais conjointement à cet effort, il peut toujours s’appuyer sur ce qu’il représente : le respect des valeurs humaines. Des valeurs constituées et entretenues par les joueurs les plus respectueux et les plus impliqués dans l’exemple qu’ils représentent pour des millions de personnes. C’est grâce à ce qu’il transmet aux hommes que le football est devenu le sport le plus pratiqué au monde.

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À propos Donatien Davy-Chantioux

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