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Le chritianisme et les autres religions

« La foi chrétienne consiste à changer le monde

et non à changer de monde. »   Gabriel Vahanian

  Dans le numéro 214 d’Évangile et liberté (octobre 2007) André Gounelle nous invitait à lire le livre d’Albert Schweitzer Les religions mondiales et le christianisme (Van Dieren Éd, 2000). S’adressant à des missionnaires, Schweitzer s’engage dans la confrontation du christianisme et des autres religions et il choisit de le faire en étudiant les attitudes que favorisent les diverses religions face au monde. « Le christianisme est en son essence une religion de la foi en la venue du Royaume de Dieu », écrit-il dans Humanisme et mystique (Albin Michel, 1995). Le Royaume est l’oeuvre de Dieu, non celle de l’homme, néanmoins il suscite une obligation interne qui mobilise le chrétien et le pousse à l’action. Le Règne de Dieu, qui est déjà commencé et auquel il faut travailler, l’emporte sur le salut dans l’audelà. Le christianisme s’impose par une exigence éthique forte, celle de l’amour entreprenant. Selon Schweitzer, sur ce chapitre-là, les autres « grandes » religions ne résistent pas à la comparaison.

  Mais le dialogue interreligieux a pris aujourd’hui beaucoup d’importance et on ne peut que s’en réjouir. « Si un homme atteint le coeur de sa propre religion, il atteint également le coeur des autres religions », disait Gandhi.

  Paul Tillich (1886-1965), grand théologien, contemporain de Schweitzer, avait déjà insisté sur l’importance du dialogue entre les religions. Ce dialogue permet d’améliorer la compréhension des autres religions, et il fait aussi progresser la compréhension de sa propre religion ; enfin il aide chaque religion à reconnaître qu’elle fait partie d’un ensemble qui la dépasse. Une théologie chrétienne incapable d’un tel dialogue « manque une occasion historique et demeure provinciale », écrit Tillich.

  Un théologien du Process, contemporain, John Cobb, définit une religion comme une voie, un cheminement. Le dialogue empêche les voies de se figer, il favorise le « process » ; en s’y engageant on ne devient pas moins chrétiens mais chrétiens autrement. « Le christianisme ne doit pas oublier, ni même atténuer l’affirmation que Jésus Christ est la voie. Il lui faut cependant découvrir que cette voie n’en exclut aucune autre » (A. Gounelle, Le dynamisme créateur de Dieu, Van Dieren éd.).

  Raphaël Picon a écrit dans E&L no 170 (oct. 2003) un article éclairant : « Pour le dialogue interreligieux ; jalons pour un dialogue vif et stimulant ». À la suite de la théologie du Process, il rappelle, par exemple, la nécessité de distinguer Jésus et le « Christ », et que « Dieu crée en se servant des données du monde déjà existantes, en les associant pour les transformer et les ouvrir à de nouvelles possibilités d’existence. […] Dieu a donc besoin de la pluralité du monde pour y inscrire son action créatrice ! »

  Le pasteur Philippe Aubert présente, dans la théologie très riche d’Albert Schweitzer, quelques thèmes importants pour la réflexion contemporaine.

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À propos Marie-Noële Duchêne

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est enseignant-chercheur retraitée en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, elle s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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