Accueil / Journal / La Mission évangélique auprès des sans-logis

La Mission évangélique auprès des sans-logis

La Mission évangélique auprès des sans-logis apporte, à Paris, une aide précieuse aux exclus de notre société, qui n’ont plus ni toit, ni ressources.

C’est une petite rue montante. Étroite, elle est longée par des immeubles aux façades lépreuses. Bien des maisons sont proches de la ruine. Les boutiques du rez-de-chaussée sont fermées. Quelques logis refaits à neuf nous rappellent que le quartier est en pleine mutation… Les pauvres iront ailleurs. En attendant, ils peuvent se retrouver au bout de la rue, 22 place Sainte Marthe. C’est là que se trouve la « Mission évangélique auprès des sans-logis », au coeur d’un quartier du vieux Paris, un peu au-dessus du canal saint Martin.

  Chaque jour, en fin d’après-midi, est servi un repas. Deux services : le premier à 17 h 30, et le second à 18 h 30. Chaque fois, environ quarante personnes y sont réunies. Elles sont assises sur des bancs face à de petites tables. Tout le monde est tourné dans le même sens, vers le fond de la salle, pour deux raisons : la première est qu’il faut bien se serrer pour accueillir un maximum de gens ; la seconde est que chacun doit participer à un petit culte, qui précède chaque repas. C’est une des spécificités de la Mission, qui accueille tout le monde, quelle que soit l’appartenance de chacun. Lecture biblique donc, suivie d’explications dont on ne sait si elles sont très écoutées… En revanche, le chant du cantique entraîne toute l’assemblée, et la prière se passe dans un silence exemplaire. La cuisine n’est pas grande, et la salle à manger de taille modeste. Il est remarquable dans ces conditions de pouvoir aider ces femmes et hommes du quartier, dont certains sont à la rue, et d’aménager aussi un espace et du temps pour le partage de la Parole.

  Si le repas du soir est ainsi assuré, il en est de même pour les petits déjeuners. Mais la nourriture n’est évidemment pas la seule activité de la Mission. Deux mille personnes sont aussi domiciliées là. C’est fondamental pour garder un lien avec l’administration, entre autres afin d’obtenir des papiers, pouvoir toucher le RSA (Revenu de solidarité active), etc. Mais la domiciliation permet également de conserver des liens avec la famille, des amis, et des relations de toutes sortes. Les locaux offrent aussi la possibilité de recevoir ceux qui ont besoin de conseils juridiques, de soutien psychologique, d’aide pour répondre au courrier, grâce à un écrivain public. Ces dernières activités fonctionnent par intermittence, car elles dépendent dela présence des bénévoles et nécessitent une formation bien précise.

  Enfin, comme dans beaucoup d’associations qui aident les plus pauvres, la Mission a un vestiaire important, et quelques produits de première nécessité qu’elle distribue. Hélas, la Mission est très sollicitée, de telle sorte que certains produits peuvent manquer, en particulier les produits d’hygiène, comme le savon ou le dentifrice, et… les dessous masculins !

  Deux permanents salariés, un cuisinier bien sûr, et six à huit bénévoles constituent l’équipe de la Mission. C’est peu pour un travail quantitativement et qualitativement important, et fondamental pour les bénéficiaires. Le fait qu’il s’agisse d’une mission nous rappelle une vocation que le christianisme moderne de nos Églises a tendance à oublier : témoigner de Jésus-Christ, et le faire dans le cadre d’une fraternité et d’un partage qui montrent au monde que même le plus petit d’entre nous a du prix au regard de Dieu.

  La « Mission évangélique auprès des sans-logis » est une lumière qui brille dans la nuit de la misère de nos villes.

Don

Pour faire un don, suivez ce lien

À propos Vincens Hubac

est pasteur de l’Église protestante unie de France au Foyer de l’âme, à Paris. Il est engagé dans la diaconie et intéressé par le transhumanisme.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.