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Introduction : Art contemporain et christianisme

L’art existe depuis que l’homme existe. Il y a 30 000 ans, dans la grotte Chauvet, des hommes ont dessiné, peint des animaux, des mains, des signes ; abstraction et figuration s’y côtoient. Le sens de ces représentations reste mystérieux, mais la beauté des réalisations force l’admiration.

Il est bien difficile de donner une définition universelle de l’art. Serait-il l’intermédiaire entre la réalité extérieure, objective, permanente, et une réalité intérieure subjective, diverse, instable, changeante ? Si la notion de « beau » artistique a dominé l’histoire de l’art, depuis Platon jusqu’à Hegel, elle a perdu aujourd’hui de sa reconnaissance. L’art cherche néanmoins toujours à utiliser le monde des sens pour pénétrer dans le monde de l’âme. Art et spiritualité sont ainsi très liés.

Au XXe siècle est apparue une rupture fondamentale. L’art a perdu peu à peu de sa fonction représentative, et d’autres critères que le « beau » sont entrés en ligne de compte : la recherche de la vérité derrière l’apparence, la provocation, le rôle de l’inconscient. « L’œuvre d’art naît du renoncement de l’intelligence à raisonner le concret », écrit Albert Camus.

L’art contemporain déconcerte, passionne, contrarie avec ses problèmes, ses angoisses, ses recherches. Captivant l’attention du public et des médias, il s’affirme comme le metteur en scène, en images, en objets d’un monde complexe. Il n’est pas toujours facile de comprendre cet art et de l’accepter.

En mai 2004, le cahier n° 177 d’Évangile et liberté traitait du sujet « Art et foi », et plus particulièrement de l’art contemporain. Depuis, nous avons reproduit plusieurs œuvres contemporaines dans notre journal, comme les couvertures des n° 209 et 214, ainsi qu’une réflexion de R. Picon sur Pierre Soulages (n° 196). En effet les motivations de l’art contemporain sont en partie voisines de celles du protestantisme libéral ! Ils sont assez proches par leur revendication d’une liberté de penser et de dire. « La vocation de l’homme à la liberté », « Une critique réformatrice », « Le refus de tout système autoritaire » s’appliquent très bien à l’art contemporain. La primauté de l’art fait le pendant à la primauté de la foi.

Jérôme Cottin est pasteur de l’E.R.F., chargé de mission auprès du Conseil national de l’E.R.F. pour les questions de communication, et enseignant en esthétique à l’Institut catholique de Paris et à la Faculté de théologie protestante de Paris. Il a récemment écrit un livre intitulé : La mystique de l’art. Art et christianisme de 1900 à nos jours (Cerf, 2007). Il développe ici les convergences et les richesses d’un dialogue possible entre l’art contemporain et le christianisme.

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À propos Marie-Noële Duchêne

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est enseignant-chercheur retraitée en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, elle s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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