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3. Éphrem le Syrien

Entre l’agneau et l’Agneau

se tenaient les disciples :

ils ont mangé l’agneau pascal

et l’Agneau véritable.

Les apôtres se tenaient au milieu

entre la figure et la vérité :

ils ont vu finir la figure

et la vérité commencer.

Éphrem le Syrien (ca. 306-373)

Hymnes sur les azymes VI, 1-2

La chapelle de Saint-Éphrem-le-Syrien à Paris, 17, rue des Carmes, à l

Quelle place accorder aujourd’hui à l’Ancien Testament ? S’il garde au demeurant quelque actualité dans la catéchèse, pour autant est-il souvent le fondement de la prédication dominicale ?

La VIe hymne d’Éphrem Sur les azymes met en tension dialectique l’agneau que les apôtres avec le Christ mangent dans la chambre haute, et l’Agneau de Dieu qu’est le Christ. Pour cela, Éphrem en recherche dans les Écritures des préfigurations, et s’arrête par exemple à Abel, dont il relève qu’il offrit un agneau avant d’être lui-même offert en sacrifice. C’est une manière pour Éphrem de souligner que ce qui était figure avant la croix, depuis a acquis une dimension nouvelle, car ce qui n’était jusque là qu’espérance désormais est certitude. La cène que Jésus a partagée avec ses apôtres, dans la fraction du pain est l’événement qui donne à ceux-là de comprendre que le salut s’opère au moment où la promesse, dont retentit tout l’Ancien Testament, va s’accomplir dans le « Voici, tout est achevé » de Jésus Agneau (cf. Jn 19,30), bonne nouvelle qui sera dans le Nouveau Testament et par eux portée jusqu’aux bornes du monde.

Ce que nous dit Éphrem, c’est que l’Ancien Testament n’est pas caduc, puisqu’il prépare et est la clef du Nouveau. Il est la clef de la vérité que recherche tout être humain qui s’interroge sur le monde, sur lui, sur lui devant le créateur des êtres et des choses. Comment saisir toute la force du second, si l’on ne connaît pas le premier ? Que l’Ancien Testament soit figure du Nouveau, ne signifie pas, bien au contraire, qu’il ne soit pas porteur de vérité. Celle-ci cependant est mise à nu dans un partage, une communauté de pain, c’est-à-dire de vie. De vie à l’ombre de la croix. De vie dans la lumière de la Pâque, le passage, la délivrance, dans la lumière de Pâques, le tombeau ouvert. Une vérité qui s’ouvre. Qui nous ouvre.

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À propos Jacques-Noël Pérès

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est pasteur de l’Église protestante unie de France, professeur émérite (histoire du christianisme ancien et patristique) à l’Institut Protestant de Théologie (faculté de Paris), professeur d’éthiopien classique à l’École des Langues et Civilisations de l’Orient Ancien, et coprésident du Groupe des Dombes.

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