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1. L’Église, l’autre nom de l’humanité

À l’occasion de la naissance de l’Église protestante unie de France, Évangile et liberté consacre une nouvelle série au thème de l’Église. Finalement… qu’est-ce que l’Église ?

  Quand je dis « Église », je pense avant tout à l’ensemble des êtres vivants qui sont « appelés hors » (ce que signifie ek-kaleo en grec) du règne de la violence et de l’absurde afin de devenir fils de la vie. La véritable Église ne reconnaît pas les frontières que nous dressons entre les individus, les cultures, les territoires, les conditions sociales. La véritable Église transcende les clivages, nos manières d’envisager les identités et rassemble en une même famille ceux que le livre de la Genèse nomme les fils d’Adam. Elle rassemble les différences et les conjugue aux similitudes : elle nous unit tous et nous projette au-delà de nous-mêmes, au-delà de nos idées personnelles, au-delà même de nos rêves, dans un esprit de paix. Qu’on l’appelle corps mystique du Christ ou Église invisible, elle est ma véritable patrie : c’est là que mon humanité voit le jour.

  Quand je dis « Église », je pense également à l’institution faite de mains d’Homme. Elle est toujours imparfaite, parfois décevante ; elle s’efforce néanmoins d’incarner au mieux la véritable Église. C’est l’Église réelle, celle qui essaie de concrétiser les promesses de l’Éternel, qui est pour chacun un lieu possible de révélation et d’apprentissage de l’Évangile. Bien réelle, elle me confronte à l’altérité tant qu’elle reste fidèle à sa vocation, à son appel qui vient du dehors. Elle meurt souvent et ressuscite sous d’autres formes, selon ce que nous enseigne Pâques. Cette Église-là m’est indispensable car, sans elle, la Parole ne serait que verbiage. Cette Église-là m’est indispensable car elle m’offre ces personnes qui stimulent mon existence, l’interrogent, l’accompagnent, l’empêchent de sombrer dans la banalité.

  Quand je dis « Église », je pense à ces deux aspects qui sont repris dans cette formule du théologien Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) que je fais mienne : « L’Église n’est vraiment elle-même que lorsqu’elle est Église pour les autres. »

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À propos James Woody

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Pasteur de l'Église protestante unie de France à Montpellier et président d'Évangile et liberté, l'Association protestante libérale.

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