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Églises et État

En parlant d’un « lien » abîmé à réparer, le président Macron a alarmé les tenants de la laïcité : cette phrase ne remet-elle pas en cause la loi de 1905 en substituant « lien » à « séparation » ? Le mot « lien » me parait effectivement mal choisi et je comprends qu’il suscite le soupçon ; à mon sens, « relation » aurait été plus juste, parce qu’une relation s’établit entre des choses et des personnes qui sont et restent séparées.

Il y a cependant autre chose dans ce discours, et sans faire une analyse de l’articulation entre le temporel et le spirituel qui le sous-tend (et qu’on peut discuter), j’y relève deux points qui me paraissent pertinents, en tout cas qui me parlent.

D’abord, l’insistance, courtoise mais ferme, sur « l’humilité » nécessaire de la religion : elle n’a pas à donner d’injonctions, ni à délivrer de leçons ; il lui faut se refuser à tout penchant théocratique et ne pas céder au triomphalisme.  C’est quelque chose que toutes les religions, pas seulement la catholique, ont à entendre.

Ensuite, l’affirmation que la religion n’est pas en dehors mais à l’intérieur de la société ; elle n’a pas à se tenir à l’écart du monde et de ses problèmes, mais à s’y engager sans prétendre régenter quoi que ce soit. Elle peut et doit poser des questions parfois dérangeantes. Elle n’est pas là pour asséner des certitudes, comme on le croit souvent et comme elle l’a trop souvent fait, mais pour instiller des incertitudes à ceux, croyants ou non, qui sont trop vite et trop facilement sûrs d’eux.

À propos André Gounelle

est pasteur, professeur honoraire de l’Institut Protestant de Théologie (Montpellier), auteur de nombreux livres, collaborateur depuis 50 ans d’Évangile et liberté.

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