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Chaque année en janvier

on entend souvent la même question. « C’est quoi tes bonnes résolutions ? » Je n’aime pas du tout cette question. La raison principale qui fait que je n’aime pas cette question, c’est le cortège de fadeurs qui fait généralement office de réponse. Perdre trois kilos, faire une liste avant de partir faire ses courses au supermarché pour passer moins de temps dans les rayons, et je vais m’arrêter là pour ne pas vous infliger ce qui m’afflige. Ce serait donc cela qui nous occupe profondément ? Ce à quoi nous avons réfléchi et ce à quoi nous décidons d’accorder de l’importance ? Résultat, chaque année, quand on me demande ce que sont mes bonnes résolutions, je dis que je n’en ai pas. Mais cette année, je crois que je vais procéder autrement. Au lieu de dire « rien, je trouve ça niais » et de fermer la discussion, je répondrai de manière moins abrupte et je dirai ce à quoi je tente de m’attacher tant bien que mal, tous les jours de l’année. Quand on me demandera quelles sont mes bonnes résolutions, je dirai que je n’en ai qu’une : choisir la vie. Que la question me soit posée par un collègue, une connaissance, un ami, la caissière chaleureuse qui me voit un jour sur deux, je ferai la même réponse. Annoncer l’Évangile ne nécessite pas de jargon théologique ou de patois de Canaan, parce que l’Évangile s’adresse à nous dans notre réalité et que la réalité est féroce. Tous les jours nous pouvons choisir la mort ou la vie. Choisis la vie, afin que tu vives, dit le Deutéronome. Et le Jésus des évangiles ne fait rien d’autre que de susciter la vie chez ceux qui sont apathiques, de la ressusciter chez ceux qui sont devenus des morts-vivants. C’est décidé, à chaque fois qu’on me demandera quelles bonnes résolutions j’ai choisies, je dirai « je choisis la vie ».

À propos Abigaïl Bassac

est titulaire d’un master de l’École Pratique des Hautes Études (section des sciences religieuses) et étudiante en master de théologie à Genève. Elle est assistante des enseignants à l’Institut Protestant de Théologie (faculté de Paris) et rédactrice en chef adjointe d’Évangile et liberté.

2 plusieurs commentaires

  1. sy.queval@gmail.com'

    Merci à Abigaïl pour son édito comme toujours percutant. Peu de mots, des mots de tous les jours et – au final – une puissante source d’énergie. Oui merci d’ouvrir l’année avec cette résolution de choisir la vie et merci de donner envie de partager ce choix !
    S. Queval

  2. nathan.andiran@gmail.com'

    Le respect de la vie. La formule d’Albert Schweitzer. Respecter la vie c’est cela: tout faire pour que celui qui souffre puisse trouver un peu de vie par l’attention qu’on lui porte, pardonner à celui qui ne se pardonne pas… En somme, je suis bien d’accord avec vous, c’est un principe universel que d’aller vers la vie. C’est prendre le camps qui s’oppose à la mort. C’est une bataille de chaque jour. Le nom de Dieu est une déclinaison du verbe être et donc du verbe exister, vivre.

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